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Société Au Kenya, pays pauvre et chrétien, la sexualité des jeunes reste tabou

Au Kenya, pays pauvre et majoritairement chrétien, la sexualité des jeunes fait l’objet d’un déni dans la société, comme dans nombre de pays africains, et l’accès à la contraception reste limité, favorisant grossesses précoces, sida, ou avortements clandestins. Selon la dernière étude officielle menée en 2003 au Kenya, 55 % de la population a moins de 19 ans. Une majorité d’adolescents est sexuellement active dès 13 ans. Près d’un quart des Kényanes âgées de 15 à 19 ans sont soit enceintes de leur premier enfant ou déjà mères. Selon cette étude, 85 % des jeunes de 15 à 19 ans interrogés et 72 % de ceux âgés de 20 à 24 ans n’utilisent aucune méthode contraceptive et 70 % ont des relations risquées et non protégées. Environ 1,2 million de Kényans sont séropositifs et la maladie a fait environ 1,5 million de morts dans le pays depuis 1984, selon des chiffres officiels. « Nous sommes toujours dans le déni » de la sexualité des jeunes, souligne auprès de l’AFP Matildah Musumba, du Planning familial américain (PPFA). « Il faut lever le voile du silence sur la question de la sexualité » des jeunes non mariés, lance Lucy Kang’ara, universitaire kényane membre du Centre régional africain de ressources sur la sexualité (ARSRC). « Les institutions médicales kényanes ont toujours une attitude très négative » à l’égard des jeunes et leur message est « Vous devez vous abstenir », critique Charity Koronya, chef de programme à PPFA. Lors d’une récente conférence à Nairobi, des délégués d’une vingtaine de pays africains ont appelé à démystifier cette question. « Le manque d’attention envers les droits de la sexualité et la santé sexuelle ont conduit à des conséquences graves comme le sida, la mortalité maternelle, les avortements clandestins », ont rappelé les participants à cette conférence. Or, aucune politique d’éducation sexuelle à proprement parler n’est diffusée dans les établissements scolaires. « Il y a eu une tentative dans les années 90, mais l’Église catholique a fait en sorte que le projet soit abandonné », dénonce Mme Musumba. L’Église catholique mais aussi de nombreuses églises évangélistes, dont le fer de lance est l’abstinence avant le mariage, sont très influentes au Kenya, où environ 70 % de la population est chrétienne. Pour les jeunes, la seule information disponible est celle véhiculée par les médias – souvent inaccessibles aux habitants des nombreux bidonvilles du pays – ou par les amis.
Au Kenya, pays pauvre et majoritairement chrétien, la sexualité des jeunes fait l’objet d’un déni dans la société, comme dans nombre de pays africains, et l’accès à la contraception reste limité, favorisant grossesses précoces, sida, ou avortements clandestins.
Selon la dernière étude officielle menée en 2003 au Kenya, 55 % de la population a moins de 19 ans. Une majorité d’adolescents est sexuellement active dès 13 ans. Près d’un quart des Kényanes âgées de 15 à 19 ans sont soit enceintes de leur premier enfant ou déjà mères. Selon cette étude, 85 % des jeunes de 15 à 19 ans interrogés et 72 % de ceux âgés de 20 à 24 ans n’utilisent aucune méthode contraceptive et 70 % ont des relations risquées et non protégées. Environ 1,2 million de Kényans sont séropositifs et la maladie a fait environ...