Les ministres des Finances de la zone euro discutaient hier soir de la réduction des déficits publics, en cette période de reprise économique, et entendaient leur homologue italien présenter son plan pour ramener le déficit de Rome sous les 3 % du PIB en 2007.
« Nous sommes maintenant dans une bonne conjoncture, et le pacte de stabilité et de croissance dit que ces bonnes périodes doivent être utilisées pour mettre des réserves de côté. Cela n’arrive pas suffisamment », a expliqué un porte-parole du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
Le déficit public moyen des 12 pays de la zone euro a baissé à 2,4 % du PIB en 2005, contre 2,8 % en 2004, une « amélioration globale » saluée par la Commission européenne, qui appelle cependant les États membres à « mettre à profit la reprise pour intensifier leurs efforts ».
Cinq États membres de la zone euro sont en outre actuellement sous le coup d’une procédure de déficit excessif, déclenchée quand un pays dépasse le plafond de 3 % de déficit public autorisé par le pacte.
Les ministres devaient se pencher sur le cas du Portugal, dont le déficit a atteint 6 % du PIB l’an dernier. Ils devraient estimer que les mesures correctrices mises en œuvre par Lisbonne sont suffisantes pour le ramener dans les clous comme prévu en 2008.
Ils devaient également entendre leur homologue italien Tommaso Padoa-Schioppa leur expliquer comment Rome entend ramener son déficit sous les 3 % du PIB en 2007, contre 4 % cette année, conformément aux engagements pris envers l’UE.
Pour atteindre cet objectif, M. Padoa-Schioppa a annoncé vendredi que le budget 2007 comprendrait des mesures d’économies budgétaires et de recettes supplémentaires représentant 3 % du PIB, soit 35 milliards d’euros, dont les deux tiers iront à la réduction du déficit.
La Commission européenne a salué cet engagement et a émis lundi l’espoir que la victoire de l’Italie en finale de la Coupe du monde de football allait stimuler la croissance économique. « Nous espérons bien que cette victoire stimulera la croissance économique et rendra plus accessible encore l’objectif de réduire le déficit (public) en dessous de 3 % » du PIB, a indiqué hier Amelia Torres, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Joaquin Almunia.
Toutefois, les syndicats et les partis communistes membres de la coalition de gauche dans le gouvernement dirigée par Romano Prodi ont immédiatement signifié leur refus de voter au Parlement des mesures d’assainissement « faites sur le dos des plus faibles, des salariés et des retraités ».
Les ministres de la zone euro devaient évoquer aussi les derniers développements de la situation économique, alors que la Commission européenne a dit récemment s’attendre à une croissance « meilleure que prévu » dans les prochains mois.
Si les indicateurs de confiance sont favorables – notamment les dernières enquêtes auprès des directeurs d’achat des secteurs manufacturiers et services, au plus haut depuis six ans en juin –, les prix records du pétrole et la hausse probable des taux d’intérêt pourraient s’avérer préoccupants.
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a ouvert jeudi la voie à une nouvelle hausse des taux d’intérêt dès le début du mois d’août, évoquant sa « vigilance » face aux risques inflationnistes dans la zone euro. Aujourd’hui, les ministres des 25 pays de l’UE entérineront l’élargissement de la zone euro à la Slovénie qui en deviendra le 13e membre le 1er janvier 2007, avec un taux de conversion définitif de 239,640 tolars slovènes pour un euro.
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