La mystérieuse citadelle inca de de Choquequirao, nouvelle Machu Picchu du Pérou mais en plus sauvage et encore à découvrir, s’ouvre lentement, après des siècles d’oubli, au tourisme d’aventure.
Deux chemins de muletiers permettent aux touristes accrocheurs d’accéder après deux jours de marche, souvent à flanc de montagne, à l’ancienne cité, endormie durant des siècles sous la végétation, et dédiée au culte du soleil, de l’eau et des apus (dieux des collines). Connue des conquérants espagnols, à l’inverse de Machu Picchu qui demeura inviolée, Choquequirao resta camouflée sous la verdure à plus de 3 100 mètres d’altitude avant que les archéologues ne la restaurent murs après murs et fassent ressurgir les pierres de cette ville étouffée par la forêt semi-tropicale. Située à 160 km de Cuzco, la capitale de l’empire inca, mais seulement à 75 km de Machu Picchu, Choquequirao a été construite sur une crête entourée de sommets enneigés culminant à plus de 5 000 mètres.
Le complexe archéologique, dominant les versants abrupts de la rivière Apurimac, est formé de terrasses pour l’agriculture et de plate-formes servant d’espaces consacrés aux cultes des ancêtres et du soleil. Aujourd’hui, la cité ressurgit peu a peu de la forêt grâce à une aide française de cinq millions d’euros portant sur une conversion de dette.
Longtemps inaccessible, Choquequirao, le « berceau d’or » en langue quechua, a été abandonnée peu après l’arrivée des soldats espagnols.
La citadelle aurait été édifiée sous l’Inca Pachacutec (1400-1471), un amoureux de la nature, et reliée avec les sanctuaires de Vilcabamba et de Machu Picchu, selon l’archéologue Zenobio Valencia. Elle aurait abrité au moins un millier de personnes, dont la famille de l’Inca, des soldats, des prêtres, des artisans et des paysans. À l’opposé de Machu Picchu qui attire des centaines de milliers de touristes par an, Choquequirao n’est accessible (sauf par hélicoptères) qu’aux adeptes du tourisme d’aventure. « Il existe un chemin qui mène à Choquequirao », explique M. Valencia, mais « il est presque totalement recouvert par la végétation et il faut huit jours pour arriver au sanctuaire ».
Le complexe archéologique comprend un palais en pierres juxtaposées, des maisons d’habitations et d’administration, des places, des fontaines et des terrasses de cultures alimentées en un système de canaux d’irrigation de plusieurs kilomètres. Les murs de soutènement des terrasses sont décorés par 23 figures de lamas en pierre plates, peintes en blanc. Ces « lamas du soleil », uniques au Pérou selon les experts, prouvent que Choquequirao a été au centre de plusieurs civilisations précolombiennes. « On croit même que la noblesse y cultivait des plantes exotiques et hallucinogènes », explique M. Valencia.
Un cimetière inca a été découvert avec 17 momies près de la « maison de la chute d’eau » et d’une sorte de temple. L’explorateur français, Eugène de Sartiges, écrivait en 1815 : « Rien ne reste aujourd’hui pour nous dire qui ont été les habitants de cette ville, qui pouvait avoir quinze mille âmes (...) rien pour nous montrer comment étaient leur vie et leur mort ! »
La légende raconte que les derniers Incas, fuyant Cuzco, s’y seraient réfugiés durant plusieurs décennies après l’invasion espagnole. La cité n’est visitée quotidiennement que par une douzaine de touristes sportifs qui pourront bientôt dormir dans un campement à quelques heures de marche des ruines.
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Deux chemins de muletiers permettent aux touristes accrocheurs d’accéder après deux jours de marche, souvent à flanc de montagne, à l’ancienne cité, endormie durant des siècles sous la végétation, et dédiée au culte du soleil, de l’eau et des apus (dieux des collines). Connue des conquérants espagnols, à l’inverse de Machu Picchu qui demeura inviolée, Choquequirao resta camouflée sous la verdure à plus de 3 100 mètres d’altitude avant que les archéologues ne la restaurent murs après murs et fassent ressurgir les pierres de cette ville étouffée par la forêt semi-tropicale. Située à 160 km de Cuzco,...