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Vallée du Jourdain : des Palestiniens asphyxiés par les barrages militaires israéliens

Isolés par Israël des villages palestiniens voisins et de leurs sources de revenus, les habitants d’al-Jiftlik, dans la vallée du Jourdain, vivent comme des assiégés. D’al-Jiftlik, on est censé pouvoir atteindre Naplouse, à l’ouest, Tibériade, au nord, la Jordanie, à l’est, par le pont Damiah, et Jéricho, à la pointe sud de la vallée du Jourdain. Trente-cinq pour cent de la production agricole palestinienne proviennent de la vallée du Jourdain, mais les restrictions imposées par Israël à la circulation font que les fermiers ne peuvent avoir accès à temps aux marchés de Naplouse et des environs pour vendre leurs produits. L’armée israélienne a en effet mis en place un réseau de barrages sur les routes menant à l’ouest, à Naplouse et à ses villages satellites. La pression est telle que ces paysans sont convaincus qu’on veut les forcer à abandonner leurs terres. « En nous coupant de nos sources de revenus, Israël veut nous forcer à quitter nos terres », accuse Tamer Hamdan, un fermier qui possède des lopins aux abords de ce village enclavé dans un carrefour stratégique de la vallée du Jourdain. « Beaucoup de champs sont à l’abandon, car nul n’y a accès. Le blocage des routes pour gagner les marchés implique en outre l’absence de rentrées financières », se lamente Tamer Hamdan. « Israël refuse de nous fournir des fertilisants car ils disent que nous les utiliserons pour fabriquer des explosifs », renchérit Hisham al-Razek, un garagiste. L’état des champs palestiniens contraste d’ailleurs avec les terres verdoyantes et les serres des 21 colonies israéliennes qui jalonnent, sur 100 km, les étendues ocre de la vallée du Jourdain. La répression israélienne ne se limite pas à l’accès aux routes. Hamdi Canaan, qui possède un champ à al-Jiftlik, s’était récemment installé dans une épave d’autobus, faute de pouvoir bâtir une maison. Mais l’abri, considéré par les autorités israéliennes comme « une construction illégale », a été détruit au bulldozer la semaine dernière par l’armée. « Nous avons simplement appliqué la politique concernant la construction illégale, valable pour la population palestinienne comme pour la population juive », a indiqué l’armée. « Le contrôle de la vallée du Jourdain permet à Israël de parer à toute menace éventuelle à l’est. S’il s’en retirait, il ne pourrait endiguer le flot d’armes et d’éléments hostiles vers la Cisjordanie », justifie Dore Gold, ancien ambassadeur d’Israël à l’ONU. Le Premier ministre Ehud Olmert, qui ambitionne de fixer unilatéralement la frontière orientale d’Israël, a, en outre, récemment affirmé qu’Israël conserverait le contrôle de la vallée du Jourdain, quel que soit le cas de figure. Le Jourdain, arbre de vie de cette région aride, accroît l’importance stratégique de ce secteur occupé par Israël depuis 1967. Ron BOUSSO/AFP

Isolés par Israël des villages palestiniens voisins et de leurs sources de revenus, les habitants d’al-Jiftlik, dans la vallée du Jourdain, vivent comme des assiégés.
D’al-Jiftlik, on est censé pouvoir atteindre Naplouse, à l’ouest, Tibériade, au nord, la Jordanie, à l’est, par le pont Damiah, et Jéricho, à la pointe sud de la vallée du Jourdain.
Trente-cinq pour cent de la production agricole palestinienne proviennent de la vallée du Jourdain, mais les restrictions imposées par Israël à la circulation font que les fermiers ne peuvent avoir accès à temps aux marchés de Naplouse et des environs pour vendre leurs produits. L’armée israélienne a en effet mis en place un réseau de barrages sur les routes menant à l’ouest, à Naplouse et à ses villages satellites.
La pression est telle que ces paysans...