Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, une « colombe » favorable au dialogue avec les Palestiniens, est à l’origine d’une des campagnes les plus meurtrières menée contre les lanceurs de roquettes palestiniens, qui se solde par un nombre élevé de victimes civiles.
« C’est un mystère qui occupe toute la classe politique israélienne aujourd’hui : où est passée la colombe Peretz ? » confie ainsi à l’AFP le politologue Daniel Bensimon. « C’est comme s’il avait changé de peau. Il porte le même nom, mais ce n’est plus le même homme. En un rien de temps, il s’est métamorphosé en faucon acharné et semble avoir mis ses idées au placard », explique-t-il. Peretz, 54 ans, un ancien syndicaliste, est en effet connu comme l’homme du dialogue avec les Palestiniens au sein du gouvernement d’Ehud Olmert. Il est d’ailleurs le seul dirigeant israélien à avoir rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas alors qu’Ehud Olmert a pratiquement coupé tous les ponts avec ce dernier depuis la victoire du Hamas aux législatives de janvier. Peretz, qui est l’un des rares ministres de la Défense israéliens sans aucun fait d’armes à son actif et sans passé sécuritaire, aurait été, selon un membre de son entourage, littéralement « pris en main » par les généraux de l’état-major. Le ministre de la Défense serait donc victime, selon ce proche, d’une conception, qui a parfois cours dans certaines armées : « Si la force ne marche pas, frappons encore plus fort. » « Les militaires l’abreuvent de données tous les matins et lui montrent que des roquettes sont en passe d’être tirées contre le territoire israélien. Il n’a pas d’autre choix que de donner l’ordre de les stopper », explique à l’AFP ce proche sous couvert d’anonymat. Mais, insiste-t-il, « le ministre fait de son mieux pour freiner certaines de ces opérations lorsqu’il considère qu’elles vont entraîner des victimes parmi les civils ». « Avec Mofaz (Shaoul Mofaz, le prédécesseur de M. Peretz à la Défense), cela aurait été bien pire », assure-t-il.
Akiva Eldar, éditorialiste au Haaretz, estime lui aussi que Peretz est en pleine mutation, mais, selon lui, par manque de choix. « Les citoyens veulent des actes. Ils en ont assez de voir que le sud du pays est bombardé quotidiennement par des dizaines de roquettes. Si Peretz n’agit pas, il va passer pour un faible et il en sera fini de sa carrière politique », explique Eldar.
Ironie du sort : c’est la ville où habite depuis son enfance M. Peretz, Sderot, qui est la cible constante des tirs des lanceurs de roquettes. Du coup, note Akiva Eldar, « les habitants de Sderot considèrent que depuis que l’enfant du pays est ministre de la Défense, leurs tracas ont redoublé. Peretz est en quelque sorte devenu la cause des roquettes, puisque les groupes armées palestiniens vont mettre un point d’honneur à viser sa maison à Sderot ». La question, selon Daniel Bensimon, est de savoir si cette métamorphose est provisoire ou non. « S’il parvient à sortir indemne des griffes de l’état-major, il est capable de retomber sur ses pieds et même de commencer à prôner publiquement des négociations avec le Hamas », se risque Bensimon.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, une « colombe » favorable au dialogue avec les Palestiniens, est à l’origine d’une des campagnes les plus meurtrières menée contre les lanceurs de roquettes palestiniens, qui se solde par un nombre élevé de victimes civiles.
« C’est un mystère qui occupe toute la classe politique israélienne aujourd’hui : où est passée la colombe Peretz ? » confie ainsi à l’AFP le politologue Daniel Bensimon. « C’est comme s’il avait changé de peau. Il porte le même nom, mais ce n’est plus le même homme. En un rien de temps, il s’est métamorphosé en faucon acharné et semble avoir mis ses idées au placard », explique-t-il. Peretz, 54 ans, un ancien syndicaliste, est en effet connu comme l’homme du dialogue avec les Palestiniens au sein du gouvernement d’Ehud...