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Actualités - Opinion

Analyse Les Territoires au bord de la guerre civile, avertit l’ICG

Les Palestiniens sont au bord de la guerre civile et la moindre étincelle, comme l’assassinat d’un dirigeant en vue, pourrait mettre le feu aux poudres, estiment les analystes de l’International Crisis Group (ICG). «Nous nous acheminons lentement mais sûrement vers la guerre civile », a confirmé hier devant le Conseil législatif Mohammad Dahlan, un orfèvre en la matière puisqu’il a été chef de la Sécurité préventive de Yasser Arafat et conseille aujourd’hui son successeur Mahmoud Abbas. Selon l’ICG, la détermination du président Abbas à organiser le 26 juillet un référendum sur un plan de règlement impliquant la reconnaissance d’Israël dans ses frontières d’avant la guerre de 1967 est porteuse de tous les périls. Le Hamas, qui a infligé au mouvement nationaliste Fateh cofondé par Arafat et Abbas une défaite historique aux élections législatives du 25 janvier, refuse de reconnaître Israël et récuse le recours au référendum. « Aujourd’hui on n’est plus qu’à un cheveu du chaos, il suffirait par exemple qu’un dirigeant en vue du Fateh ou du Hamas soit assassiné », juge l’ICG dans un rapport rendu public hier à son siège bruxellois. « Nous ne sommes pas loin de la guerre civile », estime également le Premier ministre israélien Ehud Olmert dans une interview au Figaro, ajoutant « craindre pour la vie » de Abbas mais ne pas souhaiter un affrontement interpalestinien. Une vingtaine de Palestiniens ont été tués durant le mois écoulé dans des affrontements entre le Hamas et le Fateh qui rivalisent pour prendre ou conserver la haute main sur les forces de sécurité palestiniennes. Ces incidents ont pris ces dernières 24 heures une tournure plus inquiétante encore. Pour l’ICG, le triomphe électoral du groupe islamiste armé en janvier sur l’organisation nationaliste qui a de tout temps contrôlé le mouvement national palestinien a dressé le décor pour une guerre civile que les fedayins avaient jusqu’à présent réussi à éviter. « Dans cette lutte de pouvoir sans cesse plus sanglante, les deux camps mobilisent des milices armées, empilent des armes, recourent aux assassinats et répandent l’anarchie », note l’ICG dans son rapport. Le pari de Abbas de faire adopter par une majorité de Palestiniens les principes d’un règlement élaborés par des activistes de toutes les factions détenus en Israël porte au paroxysme le bras de fer entre le Fateh et le Hamas. Ce dernier a même évoqué une tentative de coup d’État visant à reprendre de force un pouvoir que le Fateh, qui s’est résigné depuis 1993 à reconnaître Israël, a perdu de mauvais gré dans les urnes. L’ICG critique par ailleurs la politique de blocus financier et d’isolement diplomatique adoptée par le « quartette » des médiateurs internationaux – États-Unis, ONU, Union européenne et Russie – pour forcer le Hamas à reconnaître Israël, renoncer à la violence et endosser les accords passés avec l’État juif. Pour le club de réflexion basé à Bruxelles, l’appui ostensible du « quartette » à Mahmoud Abbas face à un gouvernement démocratiquement élu met de l’huile sur le feu en misant de façon hasardeuse sur le ressentiment des Palestiniens envers un Hamas qui ne peut plus les payer et les nourrir. Un échec du mouvement islamiste n’ira pas sans casse : « Le Hamas reviendrait presque certainement à la violence interne ou à la violence contre Israël, provoquant un maximum de chaos », bien que les Palestiniens aient soif de calme et espèrent voir la fin des violences partisanes. Signe d’exaspération de la population : les violences de Rafah se sont terminées après que des centaines de personnes se furent rassemblées, scandant « Union nationale, Union nationale ». « Pour tout le monde, il devient clair qu’il ne s’agit pas d’un dialogue sur un programme politique comme ils disent, mais qu’il s’agit seulement d’une lutte pour le pouvoir », et « ce que nous voyons maintenant, ce sont deux organisations qui refusent de partager le pouvoir et de coexister », estime l’analyste politique Khalil Shaheen.
Les Palestiniens sont au bord de la guerre civile et la moindre étincelle, comme l’assassinat d’un dirigeant en vue, pourrait mettre le feu aux poudres, estiment les analystes de l’International Crisis Group (ICG).
«Nous nous acheminons lentement mais sûrement vers la guerre civile », a confirmé hier devant le Conseil législatif Mohammad Dahlan, un orfèvre en la matière puisqu’il a été chef de la Sécurité préventive de Yasser Arafat et conseille aujourd’hui son successeur Mahmoud Abbas.
Selon l’ICG, la détermination du président Abbas à organiser le 26 juillet un référendum sur un plan de règlement impliquant la reconnaissance d’Israël dans ses frontières d’avant la guerre de 1967 est porteuse de tous les périls. Le Hamas, qui a infligé au mouvement nationaliste Fateh cofondé par Arafat et Abbas...