Dopés par l’élargissement de l’Union européenne, les pays de l’Europe postcommuniste connaissent actuellement une croissance époustouflante, qui a parfois atteint des niveaux historiques au premier trimestre. Dans cette partie de l’Europe, les taux de croissance n’ont rien à envier aux « Tigres » asiatiques, comme le démontre une série de statistiques.
En Lettonie, le produit intérieur brut (PIB) a bondi au premier trimestre de 13,1 % par rapport à la même période de l’année précédente, ce qui en fait l’économie la plus dynamique de toute l’Union européenne. Le PIB tchèque a progressé dans le même temps de 7,4 %, ce qui constitue un record depuis le passage à des méthodes statistiques modernes en 1995.
La Roumanie, qui espère entrer prochainement dans l’UE, a également annoncé une croissance de 6,9 %, la plus élevée depuis 2000. La Hongrie et la Slovénie ont publié des chiffres un peu plus modestes, de respectivement 4,6 % et 5,1 % sur un an.
Les jours précédents, la Slovaquie avait annoncé une progression de son PIB au premier trimestre de 6,3 % et la Pologne, la plus grande économie des nouveaux pays de l’UE, de 5,2 %. À peine moins dynamiques que la Lettonie, l’Estonie a crû au premier trimestre de 11,6 % et la Lituanie de 8,8 %.
Par comparaison, la croissance dans la zone euro au premier trimestre n’a été que de 2,6 % sur un an, selon une estimation provisoire de l’institut européen Eurostat.
Partout dans l’Europe postcommuniste, la croissance repose sur un socle solide d’investissements, d’exportations, de progression des revenus et de la consommation des ménages.
« L’économie polonaise se développe de plus en plus rapidement surtout grâce à une hausse de consommation et des investissements, mais également à de très bonnes exportations des entreprises polonaises », constate par exemple Piotr Bielski, économiste de la banque polonaise WBK.
Dans une région qui a engrangé plus de 150 milliards d’euros d’investissements directs extérieurs depuis la fin du communisme en 1989, la montée en puissance de quelques grands projets industriels commence à porter ses fruits.
En Tchéquie, le bon chiffre du premier trimestre doit beaucoup à la nouvelle usine commune de Toyota et Peugeot Citroën, près de Prague, qui n’avait encore que très peu produit de voitures au premier trimestre 2005. Deux ans après l’élargissement à l’Est de l’UE, les grandes multinationales continuent d’être séduites par cette région, qui a l’avantage d’offrir au cœur de l’Europe une main-d’œuvre qualifiée, des coûts salariaux encore très bas et un environnement des affaires sûr et fortement libéralisé.
Avec ses fonds structurels destinés à améliorer l’infrastructure de pays sinistrés par plus de quatre décennies de communisme, l’UE contribue au dynamisme, en finançant ponts, routes ou autoroutes. En Lettonie, la construction routière a progressé de 130 % sur un an. La croissance profite aussi aux salariés, dont les revenus sont en forte hausse et entretiennent ainsi une consommation robuste. En Lettonie, les salaires réels (hors inflation) ont progressé de 13 % sur un an au premier trimestre. La croissance rapide a aussi pour effet d’accélérer le rattrapage économique de la région, mesuré par le PIB par tête corrigé des parités de pouvoir d’achat. L’an dernier, la Tchéquie, le pays le plus riche des nouveaux membres derrière la Slovénie, a déjà dépassé le Portugal, le plus pauvre des anciens membres.
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En Lettonie, le produit intérieur brut (PIB) a bondi au premier trimestre de 13,1 % par rapport à la même période de l’année précédente, ce qui en fait l’économie la plus dynamique de toute l’Union européenne. Le PIB tchèque a progressé dans le même temps de 7,4 %, ce qui constitue un record depuis le passage à des méthodes statistiques modernes en 1995.
La Roumanie, qui espère entrer prochainement dans l’UE, a également annoncé une croissance...