L’inquiétude suscitée par le développement des investissements russes en Europe, dans des secteurs sensibles comme l’énergie ou l’acier, seront au centre de la quatrième conférence mondiale sur les investissements étrangers mercredi et jeudi à La Baule (Loire-Atlantique).
La Russie est le principal invité d’honneur de ce rendez-vous des affaires et de la politique, qui vise à attirer les investisseurs étrangers en Europe.
Ce pays est un « investisseur potentiel » qui « approvisionne en grande partie l’Europe » en pétrole et en gaz, rappellent les organisateurs. Les Européens importent de Russie le quart de leurs besoins en gaz et pétrole.
Les organisateurs n’étaient toutefois pas en mesure de confirmer hier si le Premier ministre russe Mikhaïl Fradkov s’exprimerait mercredi devant les 700 décideurs politiques et économiques réunis à La Baule.
Un débat sur l’énergie réunira le même jour plusieurs dirigeants de multinationales, dont le président du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller, qui doit aussi parler aujourd’hui devant le congrès mondial du gaz, à Amsterdam.
Depuis la crise gazière russo-ukrainienne du début de l’année, qui avait fait chuter la pression jusque dans les gazoducs de l’UE, les tensions se sont multipliées entre la Russie, qui couvre 26 % des besoins de l’UE en gaz naturel, et l’Europe, désireuse de diversifier ses fournisseurs.
La sécurité énergétique sera aussi un des thèmes principaux du sommet du G8 à Saint-Pétersbourg, du 15 au 17 juillet.
La Russie ne cache pas sa volonté de poursuivre son expansion dans ce secteur, via notamment Gazprom, qui cherche à entrer dans le capital des réseaux de distribution d’Europe occidentale.
Moscou ne manque pas non plus d’ambition dans la sidérurgie, après l’annonce d’un projet de fusion entre l’européen Arcelor et le russe Severstal, « expansion positive à l’international » d’une entreprise russe, selon le président russe Vladimir Poutine. Or l’appétit russe n’est pas sans inquiéter les pays européens.Au début de l’année, le Royaume-Uni s’était vivement opposé au rachat potentiel de son premier distributeur de gaz Centrica par Gazprom, avant d’adoucir, depuis, sa position.
Lors d’un sommet UE-Russie le 25 mai, M. Poutine a averti que la Russie n’ouvrirait à l’Europe l’accès à ses richesses énergétiques qu’en échange de concessions équivalentes de la part de l’UE.
Pour sa part, la France, par la voix de la présidente de l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), Clara Gaymard, a appelé le 17 mai les entreprises moscovites à investir dans l’Hexagone, où les investisseurs russes sont quasi absents.
Avant la conférence, un séminaire aura lieu aujourd’hui sur les investissements euro-méditerranéens, qui ont doublé en 2005 en nombre de projets et en valeur, pour représenter 44 milliards de dollars.
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