Imad Lahoud est un expert informatique qui a mis sa science au service de la DGSE pour lutter contre le financement du terrorisme, mais il nie avec force la moindre implication dans l’affaire Clearstream, où son nom est abondamment cité.
Ce quadra, aux fines lunettes et à l’allure d’intellectuel, est sorti de sa réserve vendredi pour « faire les rectifications nécessaires ». Il a nié tout lien avec le corbeau, qui a faussement accusé des personnalités d’avoir des comptes occultes à l’étranger via Clearstream.
Selon son avocat Me Olivier Pardo, ce spécialiste en cryptographie a collaboré avec les services secrets français de février à début juin 2003. La DGSE lui confie alors « des missions ponctuelles sur la traque du financement terroriste international », des opérations « couvertes par le secret défense ».
En juin 2003, ce travail prend fin. C’est alors que le général Philippe Rondot, chargé de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales au ministère de la Défense, le « sollicite pour qu’il poursuive ses missions de lutte contre le terrorisme à ses côtés », selon Me Pardo.
Cette collaboration, autorisée « par écrit » par la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, assure l’avocat de Imad Lahoud, a pris fin en juin 2004.
À cette époque, Imad Lahoud rejoint le centre de recherches du géant aéronautique EADS dont il est aujourd’hui directeur scientifique. Le vice-président exécutif d’EADS est Jean-Louis Gergorin, un autre des protagonistes de l’affaire Clearstream.
Selon Le Monde daté de mercredi, c’est en octobre 2003 que Jean-Louis Gergorin a signalé au général Rondot que Imad Lahoud « avait mis au jour une vaste entreprise de corruption à des fins de déstabilisation, affectant nos services de renseignements, certaines sociétés et le monde politique ».
Dans le rapport qu’il a rédigé pour le ministre de la Défense en octobre 2004, Philippe Rondot confie ses « doutes » sur la « personnalité de Imad Lahoud (au passé judiciaire chargé) ».
En 2002, Imad Lahoud a en effet passé trois mois et demi en détention provisoire pour une affaire d’escroquerie présumée liée à un fonds spéculatif qu’il gérait en compagnie de son beau-père, l’ancien PDG du GAN, François Heilbronner. Cette affaire n’a pas encore été jugée.
C’est dans le cadre de ce dossier que Imad Lahoud aurait contacté le journaliste Denis Robert, auteur d’ouvrages sur Clearstream, qui lui a remis des fichiers informatiques de clients de la société financière.
« Je n’ai aucun doute sur le fait que les documents que j’ai confiés à Imad Lahoud aient servi au corbeau, mais j’ignore quel a pu être le rôle de ce dernier », a déclaré vendredi Denis Robert.
Le même jour, l’avocat de Imad Lahoud a assuré que son client n’avait « ni manipulé, ni trafiqué, ni travesti aucun fichier ». M. Lahoud a pour sa part indiqué qu’il réservait « tout autre déclaration à la justice ».
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Ce quadra, aux fines lunettes et à l’allure d’intellectuel, est sorti de sa réserve vendredi pour « faire les rectifications nécessaires ». Il a nié tout lien avec le corbeau, qui a faussement accusé des personnalités d’avoir des comptes occultes à l’étranger via Clearstream.
Selon son avocat Me Olivier Pardo, ce spécialiste en cryptographie a collaboré avec les services secrets français de février à début juin 2003. La DGSE lui confie alors « des missions ponctuelles sur la traque du financement terroriste international », des opérations « couvertes par le secret...