« L’Évangile de Judas »
n’a pas de valeur historique
le 29 avril 2006 à 00h00
Francisco Varo est professeur d’écriture sainte à l’Université de Navarre et auteur du livre Rabbi Jésus de Nazareth. Il signale que « l’Évangile de Judas est une copie de la traduction copte d’un original écrit en grec, qui demeure perdu ». C’est une « fiction littéraire ancienne » qui « ne modifie en rien l’histoire, ni ne renie que Judas a vendu Jésus ».
Le texte « fut écrit au moins un siècle et demi après la mort de Judas et exprime une idéologie gnostique qui n’existait pas en Palestine à l’époque de Jésus. Ainsi, il mérite la même fiabilité historique qu’un récit sur l’usage du courrier électronique aux temps des armées de Napoléon. Selon les gnostiques, le corps et la matière sont un obstacle pour la pleine sagesse, et c’est pourquoi ils comprennent que Judas, en livrant Jésus à la mort, l’aidait à se libérer de son corps humain ».
Celui-ci est un écrit parmi tant d’autres que l’on connaissait : « Ce sont des textes de groupes marginaux, qui mélangent des idées de plusieurs philosophies et religions et ils s’écartaient tant de ce qui était réellement passé à Jésus que les chrétiens de leur temps ne leur accordaient aucune valeur. C’est pourquoi ils sont très vite passés à l’oubli. En revanche, saint Irénée, qui s’est fait l’écho des déviations de ces écrits, est témoin de l’appréciation universelle des Évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. »
Le professeur Varo se réfère ensuite à la récente prolifération de livres qui, se basant sur des textes apocryphes comme l’Évangile de Judas, disent révéler des vérités sur Jésus que l’Église avait maintenu occultées. « Il y a beaucoup de nouvelles à succès qui, avec des ingrédients d’écrits gnostiques, ont créé des histoires fictives sans aucun fondement dans la réalité. Tout cela devrait servir à ce que ceux qui sont capables de penser librement s’intéressent à la réalité de Jésus et les origines du christianisme sans préjugés sectaires. »
DOMINIQUE HÉLOU
Francisco Varo est professeur d’écriture sainte à l’Université de Navarre et auteur du livre Rabbi Jésus de Nazareth. Il signale que « l’Évangile de Judas est une copie de la traduction copte d’un original écrit en grec, qui demeure perdu ». C’est une « fiction littéraire ancienne » qui « ne modifie en rien l’histoire, ni ne renie que Judas a vendu Jésus ».
Le texte « fut écrit au moins un siècle et demi après la mort de Judas et exprime une idéologie gnostique qui n’existait pas en Palestine à l’époque de Jésus. Ainsi, il mérite la même fiabilité historique qu’un récit sur l’usage du courrier électronique aux temps des armées de Napoléon. Selon les gnostiques, le corps et la matière sont un obstacle pour la pleine sagesse, et c’est pourquoi ils comprennent que Judas, en livrant Jésus...
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