Le chef de la police de Téhéran, le général Morteza Talaïe, a annoncé hier une nouvelle campagne pour obliger les femmes à mieux respecter le code vestimentaire islamique, et en particulier le voile, après une série de protestations de responsables conservateurs.
«Dans notre campagne, nous allons agir contre les femmes et les jeunes filles qui portent des bermudas et dont les jambes sont nues », a déclaré le général, cité par l’agence semi-officielle FARS, contrôlée par les conservateurs. « Nous allons aussi agir contre les femmes qui portent des foulards courts ou étroits, des manteaux moulants et courts et qui ont des animaux domestiques dans la rue ou les parcs », a précisé le général, en évoquant aussi une campagne « contre les gens qui créent des nuisances sonores » avec de la musique.
Pour appliquer cet ordre, 50 patrouilles de police, comprenant des éléments féminins, vont sillonner les rues de la capitale. Le chef de la police a ajouté que les fabricants de manteaux et les magasins de vêtements féminins devaient également respecter cette règle et cesser la vente de manteaux et de voiles non islamiques.
Ces dernières années, les manteaux, qui arrivaient auparavant aux chevilles, ont passé le cap des genoux, et remontent même jusqu’au ras des fesses de certaines jeunes femmes. Le voile a subi le même sort, en dévoilant une surface croissante de la chevelure des jeunes Téhéranaises. Dans les stations de ski du nord de la capitale, on peut même voir des jeunes femmes skier sans foulard.
« Le non-respect du voile est un délit », a rappelé hier Jamal Karimi-Rad, porte-parole de la justice, lors de son point de presse hebdomadaire. « Selon la loi islamique, les femmes ne respectant pas le voile peuvent encourir entre 10 et 60 jours de prison ou une amende allant de 50 000 à 500 000 rials (entre 5,5 et 55 dollars) », a-t-il averti. Mais la peine de prison peut être transformée en amende, selon lui.
Tous les ans, avec le retour des beaux jours et de la chaleur, la police lance une campagne pour contraindre les femmes à respecter le code vestimentaire islamique. Mais à chaque fois, après quelques semaines de répression, elle est abandonnée. Car la tâche est titanesque, quand il faut l’appliquer par exemple à une population estimée à Téhéran entre sept et huit millions d’habitants.
Une partie de la jeunesse reste de même largement influencée par les chaînes de télévision par satellite. La loi interdit théoriquement la possession d’une antenne parabolique, soumise à une peine sévère. Mais selon les estimations, il existe plus de quatre millions d’antennes paraboliques en Iran. Résultat, les manteaux et pantalons raccourcissent, et les voiles rétrécissent comme peau de chagrin.
Des responsables conservateurs ont dénoncé ces derniers jours le non-respect du code vestimentaire par des femmes, en demandant à la police d’intervenir, ont rapporté les journaux iraniens. Les membres du conseil municipal de Téhéran ont notamment écrit une lettre en ce sens au chef de la police. « Si les fabricants et les magasins vendaient des manteaux conformes à la règle islamique, le problème serait réglé », a assuré Nader Chariatmadari, membre du conseil municipal. « Aujourd’hui, une femme a beaucoup de difficultés pour acheter un manteau adéquat car le climat est tel qu’on pousse les femmes à acheter des manteaux qui ressemblent à des chemisiers », a-t-il ajouté. Plusieurs députés conservateurs ont également dénoncé « la situation éhontée du voile des femmes ».
Après ces protestations, la députée Eshrat Shayegh, pourtant membre de l’aile dure des conservateurs, a protesté. « Pourquoi ne vous en prenez- vous pas d’abord aux hommes ? » a-t-elle demandé.
Siavosh GHAZI (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef de la police de Téhéran, le général Morteza Talaïe, a annoncé hier une nouvelle campagne pour obliger les femmes à mieux respecter le code vestimentaire islamique, et en particulier le voile, après une série de protestations de responsables conservateurs.
«Dans notre campagne, nous allons agir contre les femmes et les jeunes filles qui portent des bermudas et dont les jambes sont nues », a déclaré le général, cité par l’agence semi-officielle FARS, contrôlée par les conservateurs. « Nous allons aussi agir contre les femmes qui portent des foulards courts ou étroits, des manteaux moulants et courts et qui ont des animaux domestiques dans la rue ou les parcs », a précisé le général, en évoquant aussi une campagne « contre les gens qui créent des nuisances sonores » avec de la musique.
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