Éclairage
Le Hamas envoie des « ballons d’essai »
sur la reconnaissance d’Israël
le 07 avril 2006 à 00h00
La diplomatie palestinienne a émis des messages contradictoires sur la reconnaissance d’Israël, considérés par des analystes comme des « ballons d’essai », pour tester les réactions de sa base et celles de la communauté internationale.
Dans une lettre au secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, le nouveau ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a évoqué mardi la possibilité de la coexistence de « deux États » comme solution au conflit israélo-palestinien, et a mentionné la volonté des Palestiniens de vivre « côte à côte avec leurs voisins », avant de revenir sur son propos, mercredi, en affirmant qu’ils s’étaient glissés « par erreur » dans sa lettre. Mais dans un communiqué destiné aux médias palestiniens, faisant état de sa lettre à l’ONU, le ministère palestinien des Affaires étrangères ne faisait pas mention d’une solution basée sur « deux États » et occultait la phrase sur la volonté des Palestiniens de vivre « côte à côte avec leurs voisins ».
« Cela fait aussi partie de sa stratégie pour rassurer l’opinion publique palestinienne », qui l’a élu en janvier pour son programme de lutte contre Israël après dix années de désillusions dues à l’échec du processus de paix, explique Nicolas Pelham, spécialiste du Proche-Orient et chercheur à l’International Crisis Group (ICG). Pour ses débuts, M. Zahar a commis un autre faux pas, en annonçant mardi qu’il allait se rendre en mai en Chine, dans le cadre d’une tournée en Asie, avant d’essuyer un démenti de Pékin hier.
En dépit de ces flottements, le Hamas a assuré que sa ligne politique n’avait pas varié. « Il n’y a pas de changements dans les positions du Hamas, mais nous avons modifié nos moyens pour atteindre la sécurité et la paix pour notre peuple », assure le porte-parole du groupe parlementaire du mouvement, Salah Bardawil. La « résistance » du Hamas va « de la balle de fusil jusqu’aux salons des chancelleries », ajoute M. Bardawil, soulignant que le « recouvrement des droits des Palestiniens » est un préalable à la « reconnaissance d’Israël ».
Pour Nicolas Pelham, le Hamas a d’ailleurs réalisé des avancées notables depuis sa victoire électorale. Pour l’analyste politique palestinien Talal Okal également, le Hamas est dans une position délicate. « Il est difficile pour le Hamas de faire un virage à 180 degrés rapidement », estime-t-il.
« Il faut lui donner du temps. Il ne faut pas s’arrêter à ce que le Hamas dit, mais considérer ce qu’il fait », ajoute-t-il. Hier cependant, l’OLP a enjoint à Mahmoud Zahar de « coordonner » ses correspondances avec la communauté internationale avec Mahmoud Abbas.
La diplomatie palestinienne a émis des messages contradictoires sur la reconnaissance d’Israël, considérés par des analystes comme des « ballons d’essai », pour tester les réactions de sa base et celles de la communauté internationale.
Dans une lettre au secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, le nouveau ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, a évoqué mardi la possibilité de la coexistence de « deux États » comme solution au conflit israélo-palestinien, et a mentionné la volonté des Palestiniens de vivre « côte à côte avec leurs voisins », avant de revenir sur son propos, mercredi, en affirmant qu’ils s’étaient glissés « par erreur » dans sa lettre. Mais dans un communiqué destiné aux médias palestiniens, faisant état de sa lettre à l’ONU, le ministère...
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