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« Pétrole contre nourriture » : Charles Pasqua mis en examen

L’ex-ministre français de l’Intérieur Charles Pasqua a été mis en examen dans l’enquête sur les détournements du programme « pétrole contre nourriture » en Irak, une affaire qui met en cause d’autres personnalités et entreprises, jetant une ombre sur la politique irakienne de la France. L’ancien ministre, âgé de 78 ans, est la plus importante personnalité française inculpée dans cette affaire. M. Pasqua a indiqué hier avoir été mis en examen la veille par le juge d’instruction financier Philippe Courroye, notamment pour « trafic d’influence aggravé ». M. Pasqua est soupçonné d’avoir bénéficié d’allocations sous forme de bons d’achat de dizaines de millions de barils de pétrole attribués par le régime du dictateur irakien déchu Saddam Hussein, selon des sources proches du dossier. Il a annoncé qu’il contestait ces poursuites et allait déposer un « recours en annulation » contre la procédure. Le nom de M. Pasqua avait déjà été évoqué à plusieurs reprises par le passé dans ce dossier, l’amenant à chaque fois à démentir toute implication dans les trafics de l’ancien régime de Bagdad. Son ancien conseiller diplomatique, Bernard Guillet, a été inculpé le 28 avril 2005. Gaulliste de la première heure, il fut ministre de l’Intérieur en 1986-88 et en 1993-95. Aujourd’hui sénateur des Hauts-de-Seine, M. Pasqua bénéficie de l’immunité parlementaire et ne peut faire l’objet d’un contrôle judiciaire. Ce rebondissement survient peu après l’annonce que la justice française allait se pencher sur les contrats d’exportation de 40 entreprises françaises, soupçonnées d’avoir participé au détournement du programme « pétrole contre nourriture » en versant des surtaxes indues au régime irakien. L’affaire avait déjà connu un retentissement important avec la mise en examen en septembre d’un ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Serge Boidevaix, suivie en octobre de celle d’un ancien ambassadeur à l’ONU, Jean-Bernard Mérimée. Au total, 12 personnalités sont actuellement poursuivies dans l’enquête française. Ces procédures visant des diplomates de haut rang avaient relancé les interrogations et les critiques sur les relations entre Paris et le régime irakien. La France s’était farouchement opposée au déclenchement de la guerre en Irak. Une enquête internationale conduite par la commission Paul Volcker avait mis en évidence, l’an dernier, un vaste système de trafic mis au point par le régime de Saddam Hussein pour se procurer illégalement des fonds et tenter de s’attirer les faveurs de personnalités internationales jugées influentes. Le gouvernement français de son côté s’emploie à démentir toute influence de ces détournements présumés sur sa politique irakienne.

L’ex-ministre français de l’Intérieur Charles Pasqua a été mis en examen dans l’enquête sur les détournements du programme « pétrole contre nourriture » en Irak, une affaire qui met en cause d’autres personnalités et entreprises, jetant une ombre sur la politique irakienne de la France. L’ancien ministre, âgé de 78 ans, est la plus importante personnalité française inculpée dans cette affaire. M. Pasqua a indiqué hier avoir été mis en examen la veille par le juge d’instruction financier Philippe Courroye, notamment pour « trafic d’influence aggravé ». M. Pasqua est soupçonné d’avoir bénéficié d’allocations sous forme de bons d’achat de dizaines de millions de barils de pétrole attribués par le régime du dictateur irakien déchu Saddam Hussein, selon des sources proches du dossier. Il a...