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Présidentielle Bkerké s’étonne que l’on tourne en rond sans nommer les candidats

Le patriarche Sfeir se demande pourquoi les forces du 14 Mars ne nomment pas leur candidat (ou plusieurs, si l’entente ne se fait pas sur un nom) à la présidence de la République. Et pourquoi les forces du 8 Mars n’en font pas autant pour que le Parlement, site naturel de démocratie, puisse trancher. Et que l’on mette enfin un terme à cette crise de la présidence qui tourne dans un cercle vicieux dans la quête apparente d’un consensus qui semble bien difficile à atteindre, aussi souhaitable qu’il soit, pour le fond. La perte de temps est préjudiciable, surtout dans la phase délicate présente. Et l’on ne peut exclure que certains insistent sur un candidat de consensus à seule fin d’obstruction et de maintien du statu quo. Une situation que le pays socio-économique et financier autant que politique ne peut plus supporter. Si les noms des candidats sont proclamés et que la Chambre se réunit pour en choisir un, la crainte d’un vide au niveau de la présidence serait évidemment dissipée. Mais il y a un risque que certains veuillent torpiller le quorum. Et l’éventualité subsisterait même si le président Lahoud allait au bout de son mandat, tant que les positions resteraient les mêmes entre les deux camps principaux en présence, le 8 et le 14 Mars. Toujours dans ses assises privées, le patriarche Sfeir rappelle ce qui se passait lors d’une présidentielle. Les partis et les blocs parlementaires proclamaient leur appui à tel ou tel candidat et la compétition se dénouait lors du vote à la Chambre. On savait en tout cas à quoi s’en tenir. Et nul ne songeait à torpiller le quorum, comme certains menacent de le faire aujourd’hui, afin d’imposer une entente sur un candidat. Nombre de députés partagent les vues du prélat. Ils estiment comme lui qu’il faut résoudre le problème par les nominations et le vote démocratique. Mais, en pratique, il existe un obstacle de taille : le président de la Chambre, M. Nabih Berry, pourrait fort bien refuser de convoquer une séance électorale tant qu’il n’y aurait pas eu entente préalable sur le prochain président. Condition nécessaire, à son avis, pour que l’on puisse obtenir du président Lahoud qu’il accepte de démissionner. La stratégie est claire : ou bien un nouveau président qui plaise aux forces du 8 Mars, ou bien le maintien du président Lahoud jusqu’à la fin de son mandat prorogé, également à la satisfaction de ce même camp. Dans dix-huit mois, la procédure (article 73 de la Constitution) veut que si elle n’a pas été convoquée par son président, la Chambre se réunisse d’office en collège électoral dix jours avant l’expiration de la présidence finissante. Cependant, les sources parlementaires précitées soulignent qu’au cas où les forces du 14 et celles du 8 Mars ne nomment pas leurs candidats, elles assumeraient la responsabilité de la poursuite de la crise devant l’opinion publique. Responsabilité qui retomberait sur le seul dernier camp, qui possède la capacité de torpiller le quorum, s’il persiste dans sa ligne d’obstruction antidémocratique, le maintien du statu quo causant de graves préjudices au pays dans tous les domaines. La situation est donc inquiétante. La voie suivie par la minorité, sous l’impulsion manifeste de la Syrie, risque de déboucher sur une vacance de pouvoir au niveau de la présidence. Or cette partie continue à soutenir que s’il y a effectivement crise de pouvoir, cela ne se limite pas à la présidence. Elle veut dire par là qu’il faut tout changer, à commencer par la majorité parlementaire, à travers des législatives anticipées. Produisant ensuite, naturellement, un gouvernement et un président de la République favorables à Damas comme aux intérêts de ses alliés. En somme, le scénario se résume ainsi : échec dans le dialogue sur la présidence, la solution passant ensuite par Damas qui demanderait aux parties extérieures un prix pour abréger le mandat du président Lahoud. Il reste que selon les termes du député Samir Frangié, pour le moment la force de la Syrie est obstructionniste et non décisionnelle. Il pense que durant le mois en cours, la situation serait dénouée à travers les démarches arabes et le dialogue en cours. Sinon, prévient-il, les forces du 14 Mars chercheront d’autres moyens. La question ne se limite pas au président Lahoud et à sa succession, le but étant d’établir un nouveau pouvoir différant totalement des derniers symboles du pouvoir syrien. Ceux qui s’accrochent à Lahoud ne le font pas parce qu’ils le considèrent comme légitime, mais pour avoir une idée de la nature du prochain pouvoir global. Émile KHOURY
Le patriarche Sfeir se demande pourquoi les forces du 14 Mars ne nomment pas leur candidat (ou plusieurs, si l’entente ne se fait pas sur un nom) à la présidence de la République. Et pourquoi les forces du 8 Mars n’en font pas autant pour que le Parlement, site naturel de démocratie, puisse trancher. Et que l’on mette enfin un terme à cette crise de la présidence qui tourne dans un cercle vicieux dans la quête apparente d’un consensus qui semble bien difficile à atteindre, aussi souhaitable qu’il soit, pour le fond. La perte de temps est préjudiciable, surtout dans la phase délicate présente. Et l’on ne peut exclure que certains insistent sur un candidat de consensus à seule fin d’obstruction et de maintien du statu quo. Une situation que le pays socio-économique et financier autant que politique ne peut plus...