La compagnie espagnole d’électricité Endesa a annoncé hier qu’elle allait déposer la caution d’un milliard d’euros exigée par un juge madrilène pour suspendre l’OPA hostile lancée sur elle par le groupe gazier espagnol Gas Natural.
Le conseil d’administration du numéro un du secteur électrique espagnol affirme « se réserver le droit de présenter les recours opportuns contre la somme exigée, estimant qu’elle est disproportionnée », selon un communiqué d’Endesa remis à l’autorité boursière espagnole.
Le tribunal de commerce de Madrid avait suspendu provisoirement le 21 mars l’OPA hostile de Gas Natural de 22,5 milliards d’euros sur Endesa, à la demande de ce dernier.
Endesa, visée également par une offre du groupe énergétique allemand E.ON qui la valorise à 29,1 milliards d’euros, a décidé de « présenter la caution, sans préjudice » d’éventuels recours.
La magistrate avait conditionné l’application de la suspension au versement par Endesa d’une caution d’un milliard d’euros dans un délai de 10 jours, afin que le groupe réponde d’un éventuel préjudice en cas de rejet de sa demande sur le fond.
Selon des médias espagnols, trois banques étaient prêtes à mettre conjointement à disposition d’Endesa la caution demandée : Caja Madrid, SCH et BBVA.
Endesa avait saisi le tribunal de commerce le 21 décembre pour contrecarrer l’OPA de Gas Natural, opération soutenue par le gouvernement espagnol qui souhaite voir émerger un champion national de l’énergie.
L’opérateur électrique estime que l’OPA de Gas Natural viole l’article 81 du traité de l’Union européenne sur la libre concurrence. Il dénonce notamment l’entente scellée par Gas Natural et le deuxième opérateur électrique espagnol, Iberdrola, par laquelle le premier s’engage à revendre au second entre 7 et 9 milliards d’actifs en cas de succès de son offre.
Dans son communiqué d’hier, la compagnie insiste sur le fait que le contrat entre Gas Natural et Iberdrola « occulte une collusion entre ces deux sociétés dont l’objectif serait d’éliminer Endesa comme entreprise concurrente et de se répartir ses actifs ».
Endesa souligne également que la suspension de l’OPA de Gas Natural n’affectera pas « le processus d’offres concurrentes » lancé par la contre-offre de E.ON, comme l’a signalé l’autorité boursière espagnole.
À la Bourse de Madrid, l’action Endesa gagnait 0,11 % à 26,63 euros hier sur un marché en recul de 0,20 %, tandis que Gas Natural lâchait 0,54 % à 23,96 euros et Iberdrola abandonnait 0,75 % à 26,61 euros.
Le directeur général d’Endesa, Rafael Miranda, avait réaffirmé jeudi qu’aucune des deux OPA « ne reflète la valeur réelle de la compagnie », tout en notant que « les termes économiques » de la contre-offre de E.ON sont « objectivement plus favorables » que ceux de l’OPA de Gas Natural.
L’offre du groupe allemand est examinée par le régulateur national de l’énergie dont les prérogatives ont été renforcées récemment via un décret-loi considéré comme une mesure protectionniste du gouvernement espagnol contre laquelle s’est élevée Bruxelles.
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Le conseil d’administration du numéro un du secteur électrique espagnol affirme « se réserver le droit de présenter les recours opportuns contre la somme exigée, estimant qu’elle est disproportionnée », selon un communiqué d’Endesa remis à l’autorité boursière espagnole.
Le tribunal de commerce de Madrid avait suspendu provisoirement le 21 mars l’OPA hostile de Gas Natural de 22,5 milliards d’euros sur Endesa, à la demande de ce dernier.
Endesa, visée également par une offre du groupe énergétique allemand E.ON qui la valorise à 29,1 milliards d’euros, a...