Pariant sur une poursuite de l’embellie économique au Japon, les investisseurs ont propulsé hier l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo au-dessus du seuil symbolique des 17 000 points, un niveau qu’il n’avait pas atteint depuis plus de cinq ans.
La place de Tokyo, après avoir célébré la fin de 2005 avec un gain annuel de plus de 40 %, avait traversé un bref passage à vide début 2006 en raison d’un scandale de malversations qui avait éclaboussé le populaire portail Internet Livedoor, semant la panique parmi les petits investisseurs.
Mais la deuxième place financière du monde s’est rapidement rétablie, notamment après s’être rendu compte que l’abandon par la Banque du Japon (BoJ) de sa politique monétaire ultra-accommodante, décidé le 9 mars, n’allait probablement pas gêner la reprise économique en cours.
Hier, l’indice phare Nikkei 225 a terminé sur un gain de 0,63 % à 17 045,34 points. Il a même atteint un sommet de 17 125,64 points en cours de séance.
C’est la première fois que le Nikkei passe la barre des 17 000 depuis le 29 août 2000.
L’économie mondiale avait ensuite subi un net ralentissement, puis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis avaient ébranlé les marchés.
Le gouvernement japonais a interprété ce dynamisme boursier retrouvé comme un signe que la deuxième économie mondiale est désormais fermement engagée sur la voie de la reprise, après la décennie de stagnation qui a suivi l’éclatement de la bulle spéculative au début des années 1990.
La hausse du Nikkei reflète « l’espoir de fin de la déflation » qui a rongé l’économie japonaise depuis 1998, a souligné le porte-parole du gouvernement, Shinzo Abe, en écartant l’hypothèse que cette amélioration soit le résultat de la formation d’une nouvelle bulle.
Le Nikkei a plus que doublé par rapport à son plancher historique après l’éclatement de la bulle (à peine 7 600 points en avril 2003).
Mais il lui reste beaucoup de chemin à parcourir avant d’espérer battre son record historique de 38 915,87 points atteint en 1989.
La hausse d’hier est survenue en dépit de l’annonce, le même jour, d’un déclin de 1,7 % de la production industrielle en février par rapport à janvier, alors même que les économistes et le gouvernement prédisaient une hausse.
Cette première chute en sept mois, qui s’est accompagnée d’une baisse de 2,8 % des livraisons de produits industriels et d’un accroissement de 0,3% des stocks, n’a pas pourtant entamé le moral des investisseurs.
Les économistes ont souligné le fait que le recul de février s’explique en grande partie par un effet de comparaison défavorable, des commandes industrielles particulièrement fortes ayant été enregistrées en janvier.
« Les intervenants ont glané des actions car ils sont de plus en plus nombreux à prévoir une croissance soutenue de l’économie. Ils ont littéralement passé outre aux mauvaises statistiques », a expliqué Yukata Miura, stratège chez Shinko Securities.
« L’économie croît peut-être à un rythme un peu plus modeste qu’auparavant, mais la tendance de base reste inchangée », a également commenté Hiroaki Muto, économiste chez Sumitomo Mitsui Asset Management. Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a connu une croissance de +2,7 % lors de l’année calendaire 2005.
Le gouvernement nippon prévoit que l’économie du pays croîtra encore de 1,9 % pendant l’année budgétaire 2006-2007 (avril-mars).
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La place de Tokyo, après avoir célébré la fin de 2005 avec un gain annuel de plus de 40 %, avait traversé un bref passage à vide début 2006 en raison d’un scandale de malversations qui avait éclaboussé le populaire portail Internet Livedoor, semant la panique parmi les petits investisseurs.
Mais la deuxième place financière du monde s’est rapidement rétablie, notamment après s’être rendu compte que l’abandon par la Banque du Japon (BoJ) de sa politique monétaire ultra-accommodante, décidé le 9 mars, n’allait probablement pas gêner la reprise économique en...