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Actualités - Opinion

TRIBUNE Pour une relance des réformes économiques et sociales, en marge du dialogue

Par Omar Razazz* Le dialogue national suit des hauts et des bas. D’importants progrès ont été réalisés, mais certaines divergences restent en suspens. Cette situation devrait inciter l’élite politique à redonner aux réformes sociales et économiques, tant attendues, leur place, sans tenir compte des tiraillements politiques qui ont entravé auparavant le développement au Liban. En effet, les requêtes récentes des professionnels des secteurs du commerce et de la finance ainsi que l’effort déployé par le ministère des Finances en vue d’inclure les réformes économiques dans le dialogue national rappellent la responsabilité des politiciens dans la relance de l’économie et la nécessité d’aborder les problèmes sociaux. Certaines personnes lient le dialogue sur les réformes économiques et sociales à la conférence de soutien au Liban. Cependant, le Liban a inévitablement besoin d’opter pour le processus de réformes pour son propre bien, le bien de sa génération montante et non pour le bien de la communauté internationale. Effectivement, le défi ultime du Liban est de pouvoir garder sa jeunesse sur le sol libanais plutôt que d’exporter ses capacités en échange des sommes envoyées par les expatriés. Le défi est de donner à ces jeunes de l’espoir et de leur assurer des opportunités afin qu’ils construisent le Liban et qu’ils le propulsent comme l’une des plus fortes économies émergentes. Tout cela exige l’application des réformes. « Les discussions sur les réformes » peuvent devenir très techniques : le ratio dette/PIB, les excédents primaires ou les déficits, les niveaux des réserves, etc. Ces paramètres reflètent évidemment les forces et les faiblesses inhérentes à l’économie. Elles signalent les coûts différés et les risques à court et moyen terme. Mais au-delà de ces paramètres, résident des problèmes auxquels fait face quotidiennement la société. Focaliser sur ces sujets permet de démystifier le concept de « réforme » et de lui créer un support national. Prenons à titre d’exemple le secteur de l’électricité. Ce dernier est responsable de nombreuses failles économiques, fiscales, environnementales et sociales (je préfère les qualifier de maladies). Ce secteur demeure un symptôme de l’incapacité des gouvernements qui se sont succédé à s’attaquer à un tel exemple flagrant de défaillance au niveau du secteur public. L’EDL coûte au pays près de deux millions de dollars par jour sous forme de subventions, en faisant payer au citoyen les tarifs les plus élevés de la région. Une étude récente de la Banque mondiale (non publiée) révèle que 94 % des entreprises avec plus de dix employés ont des générateurs d’électricité en parallèle à courant fourni par l’EDL (le courant fourni par l’EDL a été interrompu environ 220 fois l’an dernier). Les étapes nécessaires à la réforme du secteur de l’électricité sont évidentes. En effet, les trois derniers gouvernements ont élaboré les mêmes solutions avec de légères différences. Récemment, le ministre de l’Énergie et de l’Eau a développé un plan d’action détaillé avec des échéances précises. Il existe un consensus selon lequel l’EDL a besoin d’être privatisée selon le code commercial ; un nouveau conseil d’administration devrait grouper des membres d’une intégrité et d’un calibre notables. La gestion devrait en outre être améliorée à travers des contrats de services pour certaines opérations et pour les fonctions de maintenance incluant la collecte des factures et la réduction de la perte. D’autres questions pourront être envisagées telles que l’étendue et la rapidité de la participation du secteur privé dans ce processus. Ces questions ne sont pas idéologiques, mais empiriques, et exigent un travail immédiat au niveau des opérations d’EDL, elles nécessitent de tester « l’appétit » du marché au niveau des différentes formes de participation du privé. Le lancement de ce processus ne devrait plus dépendre des nouvelles percées au niveau du dialogue national ou de la conférence de Beyrouth I. Les Libanais sont en train de payer quotidiennement très cher le prix du retard à travers un surcroît de dettes, des coupures ou des pénuries d’électricité, des exportations moins compétitives, des emplois perdus et une aggravation de l’environnement. Le secteur de l’électricité semble être l’exemple le plus flagrant mais sûrement pas le seul secteur qui a besoin d’être reformé. L’état de la santé nationale, de l’éducation, des déchets solides, de la Sécurité sociale, de la pension, des taxes, des formalités dans les affaires, de la justice, etc. sont loin d’être au niveau auquel le Liban aspire et mérite. Les efforts individuels au niveau des ministères peuvent êtres héroïques, mais ils manquent souvent d’une couverture nationale nécessaire pour faire passer de nouvelles lois, des procédures de réformes, permettant de sélectionner un personnel qualifié. Alors qu’il est clair que le dialogue national est loin de résoudre rapidement ces sujets, il serait temps d’amorcer le dialogue sur les réformes économiques et sociales et de passer à l’action de façon à redonner de l’espoir à la jeunesse libanaise. (*) Représentant de la Banque mondiale au Liban.
Par Omar Razazz*

Le dialogue national suit des hauts et des bas. D’importants progrès ont été réalisés, mais certaines divergences restent en suspens. Cette situation devrait inciter l’élite politique à redonner aux réformes sociales et économiques, tant attendues, leur place, sans tenir compte des tiraillements politiques qui ont entravé auparavant le développement au Liban.
En effet, les requêtes récentes des professionnels des secteurs du commerce et de la finance ainsi que l’effort déployé par le ministère des Finances en vue d’inclure les réformes économiques dans le dialogue national rappellent la responsabilité des politiciens dans la relance de l’économie et la nécessité d’aborder les problèmes sociaux.
Certaines personnes lient le dialogue sur les réformes économiques et sociales à la...