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Actualités - Chronologie

Présidentielle La tradition des « vœux » arabes et occidentaux se maintient

Tout est dans la nature même d’une intervention. Il y a une différence fondamentale entre l’intimidation et la requête, entre l’ordre sec et le souhait. C’est ce que relève un ancien ambassadeur libanais. Qui sourit devant l’indignation qu’affectent des forces politiques locales déterminées à l’égard du soutien qu’apportent des pays arabes à tel ou tel candidat à la présidentielle. Il rappelle ainsi que le regretté président René Moawad avait été élu en base d’un accord américano-syro-saoudien. Alors que par la suite, sous la tutelle syrienne, Damas décidait seul, donnant l’ordre d’élire puis de proroger Élias Hraoui et Émile Lahoud. Sans hésiter, comme on sait, à recourir le cas échéant aux menaces physiques pour s’assurer la docilité des récalcitrants. Obligeant ainsi le président Rafic Hariri à signer, alors qu’au départ, il annonçait préférer se voir couper la main. Quant aux autres pays arabes et aux Occidentaux, ils se sont toujours contentés de recommander un choix déterminé, sans pression abusive. Le président Fouad Chéhab, désigné par les Américains en accord avec Nasser, n’avait pu de la sorte être élu au premier tour, Raymond Eddé s’étant opposé à lui au nom des principes démocratiques. Antérieurement, la balance extérieure avait penché en faveur de Camille Chamoun face à Hamid Frangié, mais sans suppression de la compétition sous la menace. À l’époque, en fait, le retrait du leader nordiste avait été provoqué par l’appui des députés tripolitains à son rival. Le plus étrange, aujourd’hui, c’est que ce sont les prosyriens qui dénoncent l’ ingérence étrangère ! Ils étaient évidemment les tout premiers à l’approuver quand il était le fait de leur patron. Et certains d’entre eux répercutaient volontiers les menaces visant des députés pour qu’ils votent selon le diktat de Damas. Pratiquement, la règle de la participation étrangère ne connaît à ce jour qu’une exception : Sleimane Frangié. Les circonstances avaient alors circonscrit le débat au volet purement intérieur, et il n’avait été élu, face à Élias Sarkis, que par une voix de différence. Ce qui peut, en un sens, être considéré comme le summum de l’expression démocratique libre. Il est naturel dès lors que les pays concernés ou intéressés par la situation au Liban aient leurs préférences en matière de président. À condition, bien entendu, qu’ils ne recourent pas à des pressions abusives ni à la manipulation des consciences, qui peut prendre des formes variées. C’est cette attitude modérée, sensée, qu’adoptent la plupart des pays arabes. De plus, il est normal, il est même souhaitable que des pays arabes ou occidentaux tentent d’aider de leur mieux les Libanais à régler la crise du pouvoir, qui tourne à l’intérieur dans un cercle vicieux. L’intervention pour secourir est légitime, contrairement à l’intervention pour bloquer ou nuire. Or, le traitement de cette crise, note l’ancien diplomate, commence, de toute évidence, par la présidence de la République. Car le pays va à vau-l’eau en raison du conflit aigu entre le chef de l’État prorogé, le gouvernement et la majorité. Le changement est donc en jeu d’une manière prioritaire. Il n’y aurait pas moyen de sortir de la crise économique si la situation devait durer les 19 mois restants du mandat prorogé de M. Lahoud. On ne pourrait pas, en effet, effectuer les réformes requises pour le redressement, tant qu’il y aurait encore possibilité d’obstruction de la part de l’ancien système. On courrait sans aucun doute à une réédition du fiasco lamentable qu’a connu Paris II. Si jamais, d’ailleurs, on arrivait à organiser Beyrouth I, conférence conditionnelle des donateurs. Émile KHOURY
Tout est dans la nature même d’une intervention. Il y a une différence fondamentale entre l’intimidation et la requête, entre l’ordre sec et le souhait. C’est ce que relève un ancien ambassadeur libanais. Qui sourit devant l’indignation qu’affectent des forces politiques locales déterminées à l’égard du soutien qu’apportent des pays arabes à tel ou tel candidat à la présidentielle. Il rappelle ainsi que le regretté président René Moawad avait été élu en base d’un accord américano-syro-saoudien. Alors que par la suite, sous la tutelle syrienne, Damas décidait seul, donnant l’ordre d’élire puis de proroger Élias Hraoui et Émile Lahoud. Sans hésiter, comme on sait, à recourir le cas échéant aux menaces physiques pour s’assurer la docilité des récalcitrants. Obligeant ainsi le président...