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Tractations en coulisses sur le choix des candidats plausibles à la présidentielle

Un pis-aller, certes, mais adopté à l’unanimité. L’arrangement sur Chebaa, les relations avec la Syrie et le désarmement hors camps des Palestiniens, cela constitue une victoire pour le dialogue. Mais les interlocuteurs pourront-ils s’entendre sur les deux gros morceaux qui restent, l’armement du Hezbollah et la question de la présidence de la République ? Certains d’entre eux, à l’instar de nombreux professionnels, doutent que l’on parvienne à des résultats lors de la reprise de mercredi. Ils font valoir que les deux sujets sont extrêmement délicats, et que les positions restent trop éloignées. Cependant, la pause est mise à profit pour des concertations intensifiées. Non pas pour échanger des vues, puisqu’elles sont connues, mais pour ébaucher des formules d’entente. L’on discute déjà ainsi, dans les coulisses, des candidats plausibles à la présidentielle, dans l’espoir de parvenir à une sélection restreinte sinon à un nom unique. On sortirait alors de l’ornière, en base d’une nouvelle unanimité. Sans quoi, il faut le souligner, ce qui a été déjà réalisé resterait quand même en deçà des espérances de la population. D’autant que l’exécution de ces points pourrait bien prendre les dix-neuf mois restants du mandat prorogé du président Émile Lahoud. S’il n’y a pas accord sur la succession, il n’y aura pas ce changement qu’attendent surtout les Libanais. Pas de nouveau régime engageant une vision de redressement, et le dialogue n’aurait pas vraiment abouti. À l’heure actuelle, le doute règne. Parce qu’en réalité, on ne l’ignore plus, la situation de base est doublement compliquée. Du fait que l’on a lié la présidentielle au problème ardu de l’armement, ou du désarmement, du Hezbollah. Des participants au dialogue soulignent que l’on ne peut évincer le président Lahoud par les voies constitutionnelles, ni même par le recours à la rue, si l’on ne s’accorde pas sur le remplaçant. C’est ce qu’a du reste proclamé le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah. Pour ne pas faire sauter la marmite, en provoquant des clashes politiques (notamment entre composantes du mouvement du 14 Mars), les interlocuteurs ont évité jusqu’à présent d’évoquer publiquement des noms de candidats. Mais ils en discutent, répétons-le, dans les coulisses. Le marché est donc ouvert, et les candidats plausibles apparaissent comme très nombreux. Les favoris bénéficient de l’appui de telle ou telle fraction. Cependant, si l’on ne parvient pas à un arrangement accéléré, le débat pourra se trouver axé sur les moyens à mettre en œuvre pour juguler en pratique la crise de pouvoir. Laquelle ne se résume pas au conflit de la majorité avec le locataire de Baabda, mais déborde sur les relations entre les parties représentées au sein du gouvernement. Il faut des mécanismes, une règle de jeu nouvelle, acceptés de tous. L’un des instruments est proposé par le président Sélim Hoss. Un autre, assez proche, est défendu par l’ancien ambassadeur Fouad Turk, l’ancien ministre Youssef Salamé et le candidat consensuel pour Baabda-Aley, le Dr Pierre Daccache. L’ambassadeur Turk a exposé au patriarche Sfeir les grandes lignes du projet : une loi électorale équitable ; la mise sur pied d’un cabinet neutre qui organiserait des législatives anticipées ; puis la démission du président Lahoud et l’élection de son successeur. Le cardinal Sfeir, selon M. Turk, a accueilli favorablement la suggestion, mais en précisant qu’il faut surtout recueillir l’avis des pôles politiques. De son côté, Samir Geagea se serait montré ouvert à l’idée des législatives, mais en exigeant la petite circonscription. Amal et le Hezbollah sont depuis longtemps pour des élections anticipées, la nouvelle Chambre devant élire le prochain chef de l’État. La solution est également préconisée par le général Michel Aoun. Mais la plupart des forces du 14 Mars, qui détiennent actuellement la majorité parlementaire, ne veulent pas entendre parler de législatives anticipées. Elles ne voient pas pourquoi elles devraient remettre leur titre en jeu, pour user d’un langage sportif. Les haririens, les joumblattistes et probablement le bloc Kataëb avancent qu’il faudrait beaucoup trop de temps pour parvenir à une loi électorale faisant l’unanimité ou presque. Car, comme on l’a vu avec la commission ad hoc, l’on butte sur le découpage, le volume des circonscriptions. Ils ajoutent qu’un scrutin organisé, alors que Lahoud s’accroche, serait brouillé au niveau de la composition des listes et risquerait d’aboutir à une Chambre penchant pour la Syrie. Certains suggèrent, comme solution de compromis et de transition, que l’on élise le général Aoun mais seulement pour les dix-neuf mois restants du mandat de M. Lahoud. Émile KHOURY
Un pis-aller, certes, mais adopté à l’unanimité. L’arrangement sur Chebaa, les relations avec la Syrie et le désarmement hors camps des Palestiniens, cela constitue une victoire pour le dialogue. Mais les interlocuteurs pourront-ils s’entendre sur les deux gros morceaux qui restent, l’armement du Hezbollah et la question de la présidence de la République ?
Certains d’entre eux, à l’instar de nombreux professionnels, doutent que l’on parvienne à des résultats lors de la reprise de mercredi. Ils font valoir que les deux sujets sont extrêmement délicats, et que les positions restent trop éloignées. Cependant, la pause est mise à profit pour des concertations intensifiées. Non pas pour échanger des vues, puisqu’elles sont connues, mais pour ébaucher des formules d’entente.
L’on discute déjà ainsi,...