Les islamistes ont pignon sur rue au Kurdistan irakien, à majorité sunnite, mais sont étroitement surveillés par les deux partis historiques laïques, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK)et le Parti démocratique du Kurdistan (PDK).
Salafistes ou proches des Frères musulmans, ils affichent un nationalisme kurde prononcé et disent se sentir plus proches de l’UPK et du PDK que de leurs coreligionnaires arabes du reste de l’Irak. « Nous partageons les mêmes revendications concernant un État fédéral irakien et le retour à terme de Kirkouk dans le giron du Kurdistan », affirme Samir Salim, membre du Conseil de la chaoura de l’Union islamique kurde. Même son de cloche de la part d’un dirigeant de la Jamaa islamiya, Mohammad Hakim Jabbar. En 13 ans, les islamistes kurdes ont grignoté du terrain. Profitant de la montée islamiste dans les pays musulmans, ils ont ravi en 2005 15 sièges au Parlement kurde qui en compte 111, alors qu’en 1992, ils n’en avaient aucun, relève un ancien élu indépendant, Faëk Jolpi.
Leur marge de manœuvre est toutefois limitée par l’UPK de Jalal Talabani et le PDK de Massoud Barzani qui contrôlent strictement les mosquées et les prêches du vendredi. Les imams sont nommés par un organisme des oulémas musulmans relevant des autorités locales, et les rassemblements dans les mosquées sont interdits après la prière. Le ministre des Biens religieux (Waqf) du gouvernement d’Erbil est une figure tribale proche du PDK, tandis que son homologue au sein du gouvernement local de Soulaimaniyah est un laïc affilié à l’UPK.
Un seul ministère local, celui de la Justice, est attribué à un islamiste.
La Jamaa islamiya, d’obédience salafiste et qui a 6 élus dans le Parlement kurde, a fait l’objet de harcèlement de la part des partis dominants.
Plusieurs militants ont été détenus à Soulaimaniyah par l’UPK qui les soupçonne d’être proches du groupe extrémiste Ansar as-Sunna, lié à el-Qaëda, selon Mohammad Hakim, membre du bureau politique et un de ses élus.
Après de longues négociations, treize détenus ont été libérés il y a deux mois, mais d’autres restent incarcérés sans jugement, dit-il.
La scission en 2000 du Mouvement islamique kurde a donné naissance à deux groupes : les extrémistes d’Ansar al-Islam devenu ensuite Ansar as-Sunna, et la Jamaa islamiya, qui a dissous après la chute de Saddam Hussein sa branche armée forte de 2 000 combattants pour s’engager dans la vie politique.
Les bases de la Jamaa ont été durement touchées en mars 2003 par la vague de bombardements américains visant les groupes islamistes kurdes, dans la région de Khormal (nord-est de l’Irak), et son chef, Ali Bapir, a été arrêté pendant un an par les forces américaines.
L’Union islamique kurde (UIK), émanation des Frères musulmans, troisième force politique avec 9 députés, s’affirme comme une opposition aux partis historiques.
« Nous voulons que les droits des citoyens soient reconnus selon leur compétence et non leur appartenance partisane. Les institutions sont gangrenées par la corruption, les services ne sont pas assurés, la situation économique est catastrophique », affirme Samir Salim.
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Salafistes ou proches des Frères musulmans, ils affichent un nationalisme kurde prononcé et disent se sentir plus proches de l’UPK et du PDK que de leurs coreligionnaires arabes du reste de l’Irak. « Nous partageons les mêmes revendications concernant un État fédéral irakien et le retour à terme de Kirkouk dans le giron du Kurdistan », affirme Samir Salim, membre du Conseil de la chaoura de l’Union islamique kurde. Même son de cloche de la part d’un dirigeant de la Jamaa islamiya, Mohammad Hakim Jabbar. En 13 ans, les islamistes kurdes ont grignoté du terrain. Profitant de la...