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Actualités - Chronologie

Séminaire L’équité au centre de la politique de développement de la Banque mondiale

Le Dr Giovanna Prennushi, économiste de la Banque mondiale, a présenté hier au cours d’un séminaire le rapport 2006 de la BM sur le développement mondial, intitulé, cette année, « Équité et développement ». Organisé par l’institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), en collaboration avec la Banque mondiale, le séminaire a notamment réuni le ministre de l’Économie et du Commerce, Sami Haddad, le directeur de la BM au Liban, Omar Razzaz, un responsable de la Banque centrale, Yussef Khallil, et de nombreux professeurs de l’université. « Réfléchir sur l’équité est une façon d’approfondir l’analyse sur la réduction de la pauvreté », a d’abord expliqué le Dr Prennushi, en définissant une société équitable comme une société où le montant des revenus dépend des initiatives personnelles et non de facteurs prédéterminés comme le sexe, la race, le groupe social, ou l’origine familiale. Pour l’économiste, l’équité n’est pas uniquement un but humanitaire, mais également un but économique à long terme. Selon elle, l’inéquité des richesses et du pouvoir sur des marchés imparfaits engendre l’inefficacité. Par exemple, les entrepreneurs à bas revenus ayant un accès limité aux crédits, le capital n’est pas efficacement alloué. Ce même accès limité aux crédits pousse certaines familles à interrompre les études de leurs enfants, entraînant l’inefficacité de l’investissement sur le capital humain. Pour illustrer ses propos, le Dr Prennushi a notamment cité une étude effectuée en Inde, qui révèle que les plus riches bénéficient du plus grand nombre de crédits, au plus bas taux d’intérêt, tandis que les pauvres empruntent plus rarement et toujours à des taux plus élevés. De même l’inéquité sociale engendre une baisse des performances. Toujours en Inde, une expérience a réuni des enfants de deux différentes castes. Lorsque les castes ne sont pas annoncées, les résultats des deux groupes se situent largement au-dessus des résultats obtenus après l’annonce des castes. Pour l’économiste, l’équité est donc un facteur de développement à long terme. Dans un pays où les ressources sont inéquitablement distribuées, les institutions, politiques et économiques, sont mauvaises car l’élite, qui détient les richesses, raisonne à court terme, a -t-elle poursuivi. La Banque mondiale préconise donc la mise en place de politiques de réduction de la pauvreté basée sur une meilleure redistribution des ressources, grâce à un meilleur accès à l’éducation, aux soins médicaux, aux infrastructures, aux crédits… Dans cette optique, une redéfinition des règles commerciales s’impose également. Il s’agit notamment de revoir, dans le cadre de l’OMC, les subventions accordées par les pays riches aux agriculteurs et d’offrir notamment un meilleur accès aux marchés pour les pays du Sud. Enfin, selon le rapport, il est essentiel de ne plus dissocier les politiques de croissance des politiques de développement équitable. Il faut donc sensibiliser les élites des pays en développement sur le concept de l’équité, a conclu le Dr Prennushi. S. A.

Le Dr Giovanna Prennushi, économiste de la Banque mondiale, a présenté hier au cours d’un séminaire le rapport 2006 de la BM sur le développement mondial, intitulé, cette année, « Équité et développement ».
Organisé par l’institut Issam Farès pour les politiques publiques et les affaires internationales de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), en collaboration avec la Banque mondiale, le séminaire a notamment réuni le ministre de l’Économie et du Commerce, Sami Haddad, le directeur de la BM au Liban, Omar Razzaz, un responsable de la Banque centrale, Yussef Khallil, et de nombreux professeurs de l’université.
« Réfléchir sur l’équité est une façon d’approfondir l’analyse sur la réduction de la pauvreté », a d’abord expliqué le Dr Prennushi, en définissant une société équitable...