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Actualités - Opinion

Contestation

24 juin 2005. Mahmoud Ahmadinejad, ultraconservateur, gagne la présidentielle iranienne après une campagne électorale axée sur la lutte contre la corruption des élites politiques traditionnelles. Décembre 2005. Les Frères musulmans raflent plus de 80 des 454 sièges du Parlement égyptien. Un résultat trop faible, bien sûr, pour ébranler le Parti national démocratique du président Hosni Moubarak, mais suffisamment fort pour secouer le pouvoir monolithique et policier égyptien. Preuve en ont été les mesures de répression adoptées par les autorités lors des derniers rounds du scrutin, et ce, particulièrement dans les circonscriptions favorables à la confrérie. 26 janvier 2006. La communauté internationale se réveille sur des chiffres qui la laissent pantoise : le Hamas obtient la majorité absolue des suffrages à l’issue d’un scrutin législatif marqué par un fort taux de participation. Il serait erroné d’analyser ces résultats comme une montée de l’islamisme radical, car ils relèvent clairement du vote de contestation à l’encontre de régimes marqués par une corruption enracinée. Une situation que des populations de plus en plus économiquement exsangues, qu’elles soient égyptiennes, iraniennes ou palestiniennes, ne tolèrent plus. Depuis des dizaines années, de nombreux régimes sacrifient allègrement les droits politiques et économiques de leurs administrés sur l’autel de la sacro-sainte lutte contre Israël ou contre « le grand Satan ». En s’employant consciencieusement à étouffer tout mouvement d’opposition, ils ont jeté les populations frustrées dans les bras des mouvements islamistes, les seuls à disposer d’un accès aux électeurs à travers les tribunes et plates-formes qu’offrent les mosquées et autres réseaux d’associations de charité. Dans le cas particulier des législatives palestiniennes, la corruption du Fateh, ses dissensions internes et son incapacité à maintenir l’ordre sur les terres palestiniennes, ainsi que la politique d’occupation israélienne, ont contribué à la victoire du Hamas. Un parti qui se retrouve aux commandes et, par là même, devra rendre des comptes à la population palestinienne dont les attentes sont colossales. Un rôle bien différent de celui, plus confortable, de fauteur de troubles. Aujourd’hui, la victoire écrasante du Hamas marque donc l’ouverture d’un nouvelle page dans l’histoire politique palestinienne et dans celle des relations avec l’État hébreu. Une page en forme de grand point d’interrogation. Si l’inquiétude est légitime, la catastrophe est-elle pour autant inéluctable ? Les premières déclarations du Parti de la résistance islamique vont dans le sens du dialogue. Le luxe des vainqueurs… Il n’en demeure pas moins que, sur le dossier israélo-palestinien, les résultats des législatives ne changent, de facto, pas grand-chose, les relations bilatérales étant au point mort alors que l’État hébreu a clairement opté pour l’unilatéralisme. La victoire du Hamas pourrait toutefois conforter ce gel des relations bilatérales, voire l’étendre à l’échelle de la communauté internationale. Pour l’Union européenne et les États-Unis, le Hamas est en effet une organisation terroriste. Dans le même ordre d’idées, se pose la question brûlante du maintien ou non de l’aide internationale octroyée à l’Autorité palestinienne. Mais tant qu’un nouveau gouvernement palestinien n’est pas formé, seule indication valable des intentions réelles du Hamas, établir tout pronostic relève de la mission impossible. En attendant, les Israéliens auront le temps de songer aux conséquences de la stratégie politique élaborée dans les années 70 par Golda Meir. À l’époque, la dame de fer israélienne avait vu d’un œil favorable l’établissement par Ahmed Yassine d’une association islamique de bienfaisance, dont elle espérait qu’elle puisse devenir un contrepoids à l’OLP de Yasser Arafat… Émilie SUEUR
24 juin 2005. Mahmoud Ahmadinejad, ultraconservateur, gagne la présidentielle iranienne après une campagne électorale axée sur la lutte contre la corruption des élites politiques traditionnelles.
Décembre 2005. Les Frères musulmans raflent plus de 80 des 454 sièges du Parlement égyptien. Un résultat trop faible, bien sûr, pour ébranler le Parti national démocratique du président Hosni Moubarak, mais suffisamment fort pour secouer le pouvoir monolithique et policier égyptien. Preuve en ont été les mesures de répression adoptées par les autorités lors des derniers rounds du scrutin, et ce, particulièrement dans les circonscriptions favorables à la confrérie.
26 janvier 2006. La communauté internationale se réveille sur des chiffres qui la laissent pantoise : le Hamas obtient la majorité absolue des suffrages à...