L’économie de la Bulgarie, pays devant entrer en 2007 dans l’Union européenne, reste à la traîne de l’UE malgré les apparences de stabilité créées par un régime d’austérité imposé par le Fonds monétaire international (FMI), constate un rapport publié hier.
« On n’observe pas en Bulgarie une réduction durable du décalage (de l’économie du pays) avec la zone euro en ce qui concerne la productivité, les revenus, la consommation, les investissements et les dépenses publiques », constate ce rapport réalisé par les principaux instituts économiques bulgares à la demande du président Gueorgui Parvanov.
La « convergence nominale » apparente de l’économie bulgare vers celles de l’UE est due au directoire financier, système d’austérité imposé par le FMI depuis 1997 dans le cadre duquel le lev, la devise bulgare, a été rattaché d’abord au deutschemark puis à l’euro, souligne Petar Tchobanov, de l’Agence d’analyses économiques.
Grâce à ce système, l’inflation a été maintenue sous les 5 %, le déficit budgétaire est proche de zéro et la dette publique se situe autour de 60 %. Mais le pays est parallèlement « très vulnérable aux chocs, notamment à ceux venant de la zone euro », alors que l’UE traverse une période difficile, note le rapport.
« Des décisions prises par l’UE ont parfois un impact négatif sur la Bulgarie » en raison, précisément, du décalage de son économie, a estimé le vice-Premier ministre, Ivaïlo Kalfine.
Selon Dimitar Ivanov, qui coordonne une équipe internationale de conseillers économiques et financiers pour le président Parvanov, « le dollar se maintiendra à un niveau relativement bas par rapport à l’euro et l’économie européenne, peu compétitive, exportera moins ».
Or, la Bulgarie accuse un déficit record de ses comptes courants, qui devrait culminer d’ici à la fin de l’année à 15 % de l’équivalent du produit intérieur brut (PIB) en raison du faible niveau de ses exportations et d’une hausse rapide des crédits accordés par les banques.
Par ailleurs, l’agriculture, qui représente 20 % de la force de travail, ne devrait profiter que faiblement des fonds de la politique agricole commune si le pays entre dans l’Union, selon Plamen Michev, de la faculté d’économie de l’Université de Sofia. Au contraire, les quotas laitiers risquent de mettre à bas son élevage bovin, a-t-il estimé.
Le président de la Chambre de l’industrie, Bojidar Danev, s’est lui déclaré « inquiet de l’état du marché de travail ». L’éducation en Bulgarie est trop théorique et ne prend pas en compte des besoins de l’économie, a-t-il dit.
En raison de son retard, la Bulgarie devrait recevoir les fonds européens les plus élevés par tête d’habitant : 4,7 milliards d’euros de 2007 à 2009, soit 7 % de son PIB, constate le rapport.
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