«Celui qui pense qu’il peut forger seul l’avenir du Liban se trompe. C’est là une responsabilité nationale unanime. Il est inadmissible que quiconque en soit écarté, sous n’importe quelle considération. Ou bien le Liban sera un seul et même pour tous ses fils, ou il ne sera pas. »
Après s’être de la sorte insurgé contre toute mise sur la touche, le chef de l’État, M. Émile Lahoud, a réitéré hier son appel à un dialogue général ouvert, pour discuter de tous les problèmes. Recevant le nouveau conseil de l’Association des banques, dirigé par François Bassil, qui lui a présenté ses respects et son programme, le président a naturellement mis l’accent sur la protection du secteur économique.
Il a déclaré qu’il est inadmissible de porter atteinte aux fondements de la résistance du pays, dont l’unité, l’entente, la sécurité et la stabilité, mais aussi l’immunité de l’économie ainsi que la monnaie nationale, précisant qu’il s’était entendu avec le président Siniora sur une série de réformes destinées à améliorer le tableau économique, en renforçant la confiance extérieure pour que le pays puisse profiter de l’aide étrangère. Il a ajouté que, dans ce même domaine, l’entente intérieure reste indubitablement une planche de secours. Il a par ailleurs soutenu que son rejet de la loi statutaire concernant la communauté druze était motivé par le souci de préserver l’unité de cette communauté, sans ignorer le point de vue de ses instances religieuses. Il a affirmé enfin que le texte qu’il a renvoyé était truffé d’erreurs administratives.
Revenant aux préoccupations de ses visiteurs du moment, M. Lahoud a rendu hommage au secteur bancaire privé pour son dynamisme, son savoir-faire, son aide à l’ensemble de l’économie locale. Il a également décerné un satisfecit au gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, pour sa stratégie de défense de la livre.
M. Lahoud a dénoncé « les incessantes tentatives des ennemis du Liban de semer la peur, l’inquiétude, l’effroi dans le cœur des Libanais, par les assassinats et les explosions mobiles. Sans compter la vague de rumeurs qui vise les leaderships officiels, politiques ou religieux ».
De son côté, le conseil de l’association a plaidé pour des réformes, pour l’apaisement des tensions politiques qui font pression sur le marché, soulignant qu’il faut savoir profiter de l’afflux des investisseurs arabes, développer le taux de croissance, réduire la dette publique et le déficit budgétaire, sans augmenter les taxes sur les dépôts bancaires. Il a demandé en outre que l’on traite la question de l’électricité et celle de la Sécurité sociale, qui accablent le Trésor.
Parmi les autres visiteurs de Baabda, hier, les anciens ministres Alain Tabourian et Wi’am Wahhab, puis le nouvel évêque maronite d’Égypte et du Soudan, Mgr François Eid. Une délégation d’amis du jeune Georges Nassim Khoriati (16 ans), tué dans un accident sur une route du Koura, a remis au chef de l’État une pétition portant 10 000 signatures réclamant une enquête sérieuse et la réfection des routes.
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Après s’être de la sorte insurgé contre toute mise sur la touche, le chef de l’État, M. Émile Lahoud, a réitéré hier son appel à un dialogue général ouvert, pour discuter de tous les problèmes. Recevant le nouveau conseil de l’Association des banques, dirigé par François Bassil, qui lui a présenté ses respects et son programme, le président a naturellement mis l’accent sur la protection du secteur économique.
Il a déclaré qu’il est inadmissible de porter atteinte aux fondements de la résistance du pays, dont...