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L’inexpérience militaire d’Olmert, un handicap à son nouveau statut

Ehud Olmert pourrait renverser le cours de l’histoire récente en Israël en accédant au poste de Premier ministre sans le bagage militaire de la plupart de ses prédécesseurs dans un pays où les questions de sécurité priment. Alors que son mentor, le Premier ministre Ariel Sharon, paraît dans l’incapacité de poursuivre sa carrière politique après un grave accident cérébral vasculaire, M. Olmert part favori pour diriger le pays, en guerre contre deux voisins et qui fait face depuis cinq ans à une intifada sanglante. M. Sharon a participé, ou mené, dans le cas de l’invasion du Liban en 1982 à toutes les guerres de l’État hébreu depuis l’indépendance en 1948 et a été élevé au rang de général. Le Premier ministre a été élu en février 2001 face à Ehud Barak, ancien chef d’état-major de l’armée. Son prédécesseur Benjamin Netanyahu était membre des forces spéciales et a participé à l’opération qui a permis de libérer les passagers d’un avion détourné à l’aéroport de Tel-Aviv. Plus loin dans l’histoire, les Premiers ministres comme l’ex-chef d’état-major Yitzhak Rabin et des dirigeants de la guérilla contre la puissance mandataire britannique, Yitzhak Shamir et Menahem Begin, ont tous eu un passé exceptionnel dans l’armée, dans un pays où l’institution militaire joue un rôle de premier plan. Si l’image de Sharon, la tête bandée durant la guerre du Kippour en 1973, résume le mieux sa carrière militaire, celle de M. Olmert est limitée à des photos de lui alors qu’il travaillait pour la radio de l’armée durant son service militaire. Selon Shlomo Brom, un ancien adjoint du chef d’état-major et conseiller de M. Barak lorsqu’il était Premier ministre, une carrière militaire n’est pas un préalable indispensable pour devenir chef de gouvernement. « Mais il est nécessaire pour n’importe quel Premier ministre de s’entourer de gens avec un passé militaire important, affirme M. Brom. Même M. Sharon a senti le besoin de recruter Avi Ditcher. » Ce dernier, ancien chef du Shin Beth (service de sécurité intérieure), ainsi que l’ancien chef d’état-major et ministre actuel de la Défense, Shaul Mofaz, ont tous deux été recrutés par Sharon dans son parti, Kadima, avant les élections législatives du 28 mars. Le chef du Parti travailliste, Amir Peretz, ancien syndicaliste, a aussi cherché à démentir les accusations de naïveté dans le domaine sécuritaire en recrutant un autre ancien patron du Shin Beth et ex-chef des forces navales, Ami Ayalon, en deuxième place de la liste des candidats pour les législatives. Pour l’expert en affaires sécuritaires à l’Université de Bar-Ilan de Tel-Aviv, Gerald Steinberg, le passé de M. Olmert peut constituer un handicap au moment où la sécurité demeure la première préoccupation des électeurs. « Olmert a la capacité de dépasser cela, mais c’est un handicap, dit M. Steinberg. Inévitablement, de grandes décisions sécuritaires, qu’il s’agisse de traiter avec l’Iran ou le terrorisme palestinien, doivent être prises. La question est de savoir s’il pourra s’entourer de gens expérimentés. » Selon lui, « il s’agit aussi de la façon dont il prendra les décisions. Une des raisons qui ont mené à la défaite de Shimon Peres en 1996 face à Netanyahu a été ses déclarations après des attaques terroristes » jugées inadéquates.
Ehud Olmert pourrait renverser le cours de l’histoire récente en Israël en accédant au poste de Premier ministre sans le bagage militaire de la plupart de ses prédécesseurs dans un pays où les questions de sécurité priment.
Alors que son mentor, le Premier ministre Ariel Sharon, paraît dans l’incapacité de poursuivre sa carrière politique après un grave accident cérébral vasculaire, M. Olmert part favori pour diriger le pays, en guerre contre deux voisins et qui fait face depuis cinq ans à une intifada sanglante.
M. Sharon a participé, ou mené, dans le cas de l’invasion du Liban en 1982 à toutes les guerres de l’État hébreu depuis l’indépendance en 1948 et a été élevé au rang de général. Le Premier ministre a été élu en février 2001 face à Ehud Barak, ancien chef d’état-major de l’armée....