ÉCLAIRAGE
Au Proche-Orient, les enlèvements d’étrangers redeviennent monnaie courante
le 31 décembre 2005 à 00h00
Quelque soixante étrangers, dont des Occidentaux, sont actuellement retenus en otages par des groupes armés au Proche-Orient, une pratique courante dans les années 1980 au Liban, visant à faire pression sur les gouvernements locaux ou étrangers.
Les enlèvements de ressortissants étrangers, qui s’étaient généralisés dans les années 1980 au Liban, où près de 60 Occidentaux avaient été kidnappés, font en effet un retour en force au Proche-Orient. La plupart des enlèvements ont connu des dénouements heureux, mais en Irak, où les enlèvements d’étrangers sont devenus monnaie courante depuis l’invasion américaine du pays en 2003, une quarantaine d’otages ont été exécutés par leurs ravisseurs. Une cinquantaine de ressortissants étrangers, arabes, occidentaux et africains sont retenus actuellement en otages ou portés disparus en Irak. Leurs ravisseurs sont des groupes qui se réclament pour la plupart d’el-Qaëda et avancent des revendications d’ordre politique. Ils menacent de tuer leurs otages si les troupes étrangères ne quittent pas le pays ou si tous les détenus des prisons irakiennes ne sont pas libérés.
Dans de nombreux cas, les otages sont libérés après le paiement de rançons aux ravisseurs, le plus souvent des groupes inconnus. Les gouvernements nient systématiquement toute tractation avec les preneurs d’otages.
Un ingénieur français, Bernard Planche, a été enlevé le 5 décembre à Bagdad, dans le quartier résidentiel d’al-Mansour. Ses ravisseurs, un groupe jusque-là inconnu, menacent de le tuer si la France ne met pas fin à sa « présence illégitime en Irak », alors que Paris n’a pas de troupes dans ce pays et a été un opposant farouche à la guerre.
Au Yémen, c’est une famille allemande, dont un ex-responsable du gouvernement, qui a été enlevée par une tribu locale. Dans ce pays, les tribus s’adonnent depuis longtemps à cette pratique pour faire pression sur l’État. Les enlèvements, très courants dans les années 1990, concernent principalement des touristes. La tribu yéménite, qui détient l’ancien secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères allemand Juergen Chrobog et sa famille, réclame la libération de cinq de ses membres détenus dans les prisons du pays. Plus de 200 étrangers ont été enlevés au Yémen entre 1991 et 2001. Une issue pacifique a été trouvée pour la presque totalité des cas, grâce à l’intervention de chefs tribaux. Mais trois ressortissants britanniques et un Australien ont en revanche été tués en décembre 1998, lorsque les forces de sécurité avaient pris d’assaut le repaire d’un groupe islamiste extrémiste qui les gardait en otages.
Les enlèvements d’étrangers se sont aussi multipliés ces derniers mois dans la bande de Gaza, une région en proie au chaos sécuritaire. Les ravisseurs cherchent le plus souvent à obtenir la libération de Palestiniens détenus par l’Autorité palestinienne ou des emplois dans les services de sécurité.
Quelque soixante étrangers, dont des Occidentaux, sont actuellement retenus en otages par des groupes armés au Proche-Orient, une pratique courante dans les années 1980 au Liban, visant à faire pression sur les gouvernements locaux ou étrangers.
Les enlèvements de ressortissants étrangers, qui s’étaient généralisés dans les années 1980 au Liban, où près de 60 Occidentaux avaient été kidnappés, font en effet un retour en force au Proche-Orient. La plupart des enlèvements ont connu des dénouements heureux, mais en Irak, où les enlèvements d’étrangers sont devenus monnaie courante depuis l’invasion américaine du pays en 2003, une quarantaine d’otages ont été exécutés par leurs ravisseurs. Une cinquantaine de ressortissants étrangers, arabes, occidentaux et africains sont retenus actuellement en otages...
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