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Dialogue ou duel?

Dialogue, mot magique, devenu une couverture pour toutes sortes de manœuvres. Le Hezb avait déclaré plus d’une fois (la dernière étant à la parade militaire d’al-Qods) que, « pour nous, le dialogue vise à trouver le moyen de protéger le Liban ». Rappelons-nous les discours violents prononcés à cette occasion, notamment les propos comminatoires rapportés par la radio (mais éludés à la TV) du 25/11 : « Les Libanais doivent comprendre que… le gouvernement doit comprendre que… » comprendre que la résistance ne se départira pas de son rôle de défendre le pays. Qui osera, après cela, demander au Hezb d’abandonner son armement ? Or, le tandem Amal-Hezb, que la majorité du 14 mars a fait entrer au gouvernement, n’a pas encore laissé aux responsables le temps d’aborder cette question, qu’il hausse le ton et pratique le boycottage du cabinet, en adressant des réprimandes aux autres ministres. Bien plus, il ne se prive pas de dire qu’il est pour la défense de la politique syrienne, même lorsque celle-ci comporte un outrage public adressé à notre Premier ministre par le chef de l’État syrien. Et, en geste de démonstration, tous les quatre quittent bruyamment la réunion. Et maintenant, laissent-ils entendre, nous sommes disposés à entamer le dialogue. Si l’on a, en arrière-plan, la vision de la journée d’ al-Qods avec le défilé militaire impressionnant, on se demande si les interlocuteurs conçoivent le dialogue plutôt comme un duel, où chacun fourbit ses armes. Car, ce que l’on arbore en ce moment ne semble laisser aucune chance pour une entente sérieuse. Ghassan Tuéni, dans son éditorial hebdomadaire, a bien « charrié » tous les dialogues entrepris par les Arabes pour des résultats dérisoires. Mais, ici, le fond du problème (« The heart of the matter », dirait Graham Grenne) est des plus sérieux. La perspective de « duel » doit donner beaucoup à réfléchir. Méfions-nous de la tentation de vouloir « arranger les choses pour le moment », pour éviter un conflit. Une solution boiteuse ne serait qu’un report du problème. Après toutes les souffrances et les deuils, les Libanais ont bien droit à une paix chèrement payée. Patrick ISSA Montpellier
Dialogue, mot magique, devenu une couverture pour toutes sortes de manœuvres. Le Hezb avait déclaré plus d’une fois (la dernière étant à la parade militaire d’al-Qods) que, « pour nous, le dialogue vise à trouver le moyen de protéger le Liban ».
Rappelons-nous les discours violents prononcés à cette occasion, notamment les propos comminatoires rapportés par la radio (mais éludés à la TV) du 25/11 : « Les Libanais doivent comprendre que… le gouvernement doit comprendre que… » comprendre que la résistance ne se départira pas de son rôle de défendre le pays.
Qui osera, après cela, demander au Hezb d’abandonner son armement ?
Or, le tandem Amal-Hezb, que la majorité du 14 mars a fait entrer au gouvernement, n’a pas encore laissé aux responsables le temps d’aborder cette question, qu’il hausse le...