Ces crimes, ces charniers – ils vont ensemble –, ces kidnappings, ces tortures, ces prisonniers évanouis, tous nous les condamnons d’une même voix. Mais pas d’une même voie. Car beaucoup, parmi ceux qui ne sont atteints ni dans leur chair, ni dans leur sang, ni dans leurs proches, ont tendance à les passer par pertes et profits. En soutenant que tout cela est derrière nous. Qu’il ne sert à rien de ruminer ses peines, ses chagrins, de retourner le couteau dans la plaie. Sans comprendre que le combat continue. Et ne peut se mener qu’en choisissant son camp, en prenant position. En réclamant des comptes, pour que ce qui a été ne se répète pas. Sous telle ou telle forme, sous telle ou telle épaulette. Un pays se bâtit un respect dans le vrai respect de ses assassinés.
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Une nouvelle loi électorale dans deux mois. Des élections législatives dans un délai de quatre à six mois. Immédiatement suivies du départ de Lahoud. C’est ce que propose Sélim Hoss. Pour qui, le tableau local frisant la catastrophe, à cause des clivages, il faut opérer un changement. Ce plan, les professionnels de la politique ne prennent même pas la peine de le commenter. D’abord parce qu’il est irréaliste : les forces en présence sont connues. Leur influence électorale, quel que soit le code adopté, resterait sensiblement la même. Il n’y aurait pas vraiment changement à la Chambre. Ni, par conséquent, au niveau du gouvernement, affirment ces cadres. Quant à Lahoud, rappellent-ils, il s’accroche dans tous les cas de figure.
L’autre raison de l’indifférence des politiciens, qu’ils occultent par politesse, est que la proposition en question émane d’un vénérable has been, qui n’a plus d’emprise sur la scène locale.
Pourtant, ils devraient s’en inspirer. Certes le modèle qu’il propose n’est pas achetable. Mais l’exemple qu’il donne est à suivre. Dans ce sens qu’il avance au moins un programme pratique, concret de sortie de crise. Sans tomber dans le travers, et dans le panneau, unanime, du dialogue. Car il ne peut y avoir que dialogue de sourds. Non seulement parce que les fameuses constantes nationales que chacun prétend défendre ne sont pas les mêmes pour tous. Mais aussi, et surtout, parce que si l’on veut négocier pour de vrai, aboutir à un résultat qui en vaille la peine, il faut justement laisser de côté les prétendus principes. Et voir ce que veut au juste chaque partie, et ce qu’elle serait disposée à céder. Autrement dit, il faut négocier sur les objectifs réels et pas du tout sur les positions affichées.
Mais quel serait le joueur imbécile qui avouerait ce qu’il veut vraiment ?
Jean ISSA
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ces crimes, ces charniers – ils vont ensemble –, ces kidnappings, ces tortures, ces prisonniers évanouis, tous nous les condamnons d’une même voix. Mais pas d’une même voie. Car beaucoup, parmi ceux qui ne sont atteints ni dans leur chair, ni dans leur sang, ni dans leurs proches, ont tendance à les passer par pertes et profits. En soutenant que tout cela est derrière nous. Qu’il ne sert à rien de ruminer ses peines, ses chagrins, de retourner le couteau dans la plaie. Sans comprendre que le combat continue. Et ne peut se mener qu’en choisissant son camp, en prenant position. En réclamant des comptes, pour que ce qui a été ne se répète pas. Sous telle ou telle forme, sous telle ou telle épaulette. Un pays se bâtit un respect dans le vrai respect de ses assassinés.
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Une nouvelle loi électorale dans deux...