Le Liban a définitivement fermé dans les deux sens le couloir qui permettait le passage sans contrôle de personnalités politiques et autres privilégiés entre Beyrouth et Damas pendant trois décennies de présence syrienne.
Un communiqué du commandement de l’armée a ainsi indiqué hier que la voie militaire, parallèle au poste frontalier de Masnaa à l’est de la Békaa, et qui a été « remise à l’armée le 26 avril dernier », a « définitivement » été fermée.
« Le commandement de l’armée avait annulé, depuis le 22 octobre dernier, tous les permis de passage sur cette voie, qui n’était ainsi désormais ouverte qu’au secrétaire général du Conseil supérieur libano-syrien, aux fonctionnaires du secrétariat général, aux militaires ayant des missions officielles et à tout ce qui était lié aux nécessités du soutien logistique entre les deux armées sœurs», a affirmé le communiqué.
Désormais, tous ceux qui veulent se rendre en Syrie ou venir au Liban doivent emprunter les postes douaniers à la frontière, gérés par la Sûreté générale. Le « couloir militaire » était essentiellement utilisé par les Syriens et leurs alliés libanais, ainsi que par d’importants hommes d’affaires des deux pays.
Jusqu’au retrait de ses troupes du Liban en avril, la Syrie distribuait à ses alliés et hommes liges des autorisations spéciales pour emprunter ce couloir, souvent critiqué comme source d’encouragement de la corruption et d’activités illégales à la frontière.
Ces autorisations permettaient à leurs détenteurs de traverser la frontière sans formalités douanières, tant pour les véhicules que pour leurs passagers.
Cette fermeture intervient une semaine après l’assassinat à Mkallès du député de Beyrouth et président-directeur général du quotidien an-Nahar, Gebran Tuéni, dans un attentat qui a soulevé une vague de critiques, reprochant au gouvernement de ne pas prendre les mesures nécessaires afin de contrôler la situation sécuritaire dans le pays. Était notamment mise en cause la structure des services sécuritaires, mais aussi l’état des frontières libano-syriennes qui n’étaient, selon les critiques, pas suffisamment contrôlées pour interdire l’entrée illégale au Liban de personnes ou de matériels étrangers.
En effet, si la fermeture du « couloir militaire » de Masnaa constitue une avancée importante vers le contrôle des frontières, plusieurs autres points de passage, du Akkar au Sud de la Békaa, permettent à des contrebandiers, mais peut-être aussi à des éléments armés, d’accéder au territoire libanais.
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Un communiqué du commandement de l’armée a ainsi indiqué hier que la voie militaire, parallèle au poste frontalier de Masnaa à l’est de la Békaa, et qui a été « remise à l’armée le 26 avril dernier », a « définitivement » été fermée.
« Le commandement de l’armée avait annulé, depuis le 22 octobre dernier, tous les permis de passage sur cette voie, qui n’était ainsi désormais ouverte qu’au secrétaire général du Conseil supérieur libano-syrien, aux fonctionnaires du secrétariat général, aux militaires ayant des missions officielles et à tout ce qui était lié aux...