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ÉDITION «Saint Jean-Baptiste», par Alexandre Najjar Le Précurseur crie-t-il toujours dans le désert ?

Quel meilleur moment pour lire l’ouvrage consacré par Alexandre Najjar à saint Jean-Baptiste (*) que celui de l’Avent, que les communautés chrétiennes vivent en ce moment ? Temps d’attente où les chrétiens anticipent la fête de Noël, toutes les joies qui l’accompagnent et toutes les souffrances qu’elle annonce. L’ouvrage est une mine d’informations, dont l’une des plus significatives se rapporte à la fête de saint Jean, le 24 juin. Contrairement aux autres fêtes de saints, la fête de Jean-Baptiste correspond à sa naissance et non à sa mort. En outre, elle symbolise l’une des paroles les plus émouvantes de Jean-Baptiste, reprise depuis les temps apostoliques par tous les saints et toute l’Église : « Voilà ma joie, elle est maintenant parfaite. Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse. » Cette fête correspond en effet au solstice d’été, au jour le plus long, celui après lequel le soleil commence à décliner sur l’horizon et où les jours deviennent de plus en plus courts. Une décroissance qui va conduire au solstice d’hiver, qui sera marqué par la fête de la Nativité. Admirable analogie qui va illustrer les paroles de Jean-Baptiste. Notons que c’est l’une de ces dates que toutes les Églises orientales et latine s’accordent à fêter au même moment. L’importance de Jean-Baptiste pour l’Église est soulignée aussi par le fait qu’avec la Sainte Vierge et quelques rares autres figures de l’Église, il possède plus d’une fête. À côté de la Nativité, en effet, les Églises fêtent le martyr de Jean-Baptiste, sa décapitation – l’Église dit décollation – ou encore sa passion, qui est fêtée le 29 août. Les orthodoxes et les syriaques fêtent aussi sa conception, le 23 septembre, soit trois mois avant la fête de Noël. Ce choix renvoie à la visite effectuée par Marie à Élisabeth, la mère de Jean-Baptiste, après l’Annonciation, et au séjour qu’elle fit chez elle, qui dura « environ trois mois ». Visite au terme de laquelle, après avoir assisté à la naissance de Jean-Baptiste, Marie revint à Nazareth. Aussi passionnantes que ces détails admirablement agencés pour faire cheminer dans la foi les fidèles, tout au long de l’année liturgique, sont les informations que nous possédons sur les reliques de Jean-Baptiste. Mais là, nous sommes en pleine intrigue. « Étonnamment, dit le chapitre consacré à cette question, chaque partie de son corps est localisée dans plusieurs endroits différents, si bien qu’on recense au total six têtes et une quinzaine de doigts ayant appartenu à Jean-Baptiste, éparpillés aux quatre coins du monde. » Pour nous Libanais, l’information la plus significative est sans doute celle qui situe la tête de Jean-Baptiste dans un mausolée à l’intérieur de la mosquée des Omeyyades, à Damas. Cette tête aurait été retrouvée intacte, lors de la construction de cette mosquée, au VIIIe siècle, sur le site d’une ancienne cathédrale. Ce mausolée fait toujours l’objet d’une vénération particulière dans le monde musulman. La mosquée et son mausolée drapé de vert furent visité le 6 mai 2001 par Jean-Paul II, qui en souligna l’importance et la valeur symbolique, notamment pour le dialogue interreligieux. « La vie de Jean, toute consacrée à Dieu, fut couronnée par le martyre, déclara Jean-Paul II. Que tous ceux qui vénèrent sa mémoire ici soient illuminés par son témoignage, afin qu’ils puissent comprendre – et nous aussi – que la grande tâche de la vie est de rechercher la vérité de Dieu et sa justice (…) J’espère que notre rencontre d’aujourd’hui à la mosquée omeyyade sera le signe de notre détermination à faire progresser le dialogue interreligieux de l’Église catholique et de l’islam (…) Une meilleure compréhension mutuelle conduira sûrement, sur le plan pratique, à une nouvelle manière de présenter nos deux religions non pas en opposition, comme cela est advenu trop souvent par le passé, mais en partenariat pour le bien de la famille humaine… » Cet extrait renvoie à la figure de Jean-Baptiste dans l’islam, à laquelle l’ouvrage d’Alexandre Najjar consacre un chapitre, et dont il est inutile de souligner l’intérêt. L’étude évoque aussi, notamment, les possibles influences des Esséniens sur la vie et la spiritualité de Jean-Baptiste, qui offrait un baptême de repentance préparant au baptême dans l’Esprit, que va administrer le Christ. Deux mille ans plus tard, le Précurseur crie-t-il toujours dans le désert ? Fady NOUN (*) Édition Pygmalion, collection Chemins d’Éternité.

Quel meilleur moment pour lire l’ouvrage consacré par Alexandre Najjar à saint Jean-Baptiste (*) que celui de l’Avent, que les communautés chrétiennes vivent en ce moment ? Temps d’attente où les chrétiens anticipent la fête de Noël, toutes les joies qui l’accompagnent et toutes les souffrances qu’elle annonce.
L’ouvrage est une mine d’informations, dont l’une des plus significatives se rapporte à la fête de saint Jean, le 24 juin. Contrairement aux autres fêtes de saints, la fête de Jean-Baptiste correspond à sa naissance et non à sa mort. En outre, elle symbolise l’une des paroles les plus émouvantes de Jean-Baptiste, reprise depuis les temps apostoliques par tous les saints et toute l’Église : « Voilà ma joie, elle est maintenant parfaite. Il faut que Lui grandisse et que moi je décroisse....