Par Abdel-Maoula CHAAR *
L’importance des petites et moyennes entreprises (PME) est le plus souvent méconnue. Elles pèsent pourtant lourdement sur les économies nationales. Leur nombre supplante largement celui des grandes firmes. Le Liban n’échappe pas à la règle. Près de 96 % des entreprises regroupent moins de 50 personnes. Comme c’est le cas partout dans le monde, ces compagnies assurent la majeure partie de l’emploi et génèrent une part substantielle de la valeur économique nationale. Plus important encore, les PME libanaises comme leurs « sœurs » internationales sont théoriquement à l’origine du renouvellement et de la transformation du tissu productif à travers le jeu de création et de cessation d’entreprises. En ces temps de crise et de mutation économique, il s’agit là d’une caractéristique cruciale pour le Liban. Le pays aurait donc besoin de PME aussi dynamiques que possible, mais les dirigeants de ces entreprises ont des difficultés à obtenir le capital permettant de financer la croissance de leur compagnie. Que dire alors de ceux qui veulent créer une entreprise ! Pour garantir les prêts, les banques posent des conditions qui constituent généralement un obstacle majeur. Elles demandent notamment des garanties matérielles que les dirigeants de PME et les créateurs d’entreprises sont le plus souvent incapables de fournir. En fait, ceux-ci se trouvent dans une sorte de cercle vicieux où l’obtention des actifs permettant d’assurer leur expansion ou le démarrage de leur activité dépend de la présence de ces mêmes actifs ! Les entrepreneurs libanais vérifient ainsi la pertinence de l’adage populaire : « On ne prête qu’aux riches », alors que dans les milieux bancaires internationaux on commence à se demander sérieusement s’il ne vaut pas mieux prêter aux pauvres. Depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, des banques se sont lancées dans des opérations de microfinance et aujourd’hui le bilan est plus que positif. La microfinance consiste à prêter aux moins riches des sommes allant de cinquante à plusieurs milliers de dollars. Ces opérations ont généralement pour théâtre des pays à économie émergente. Évidemment, ces prêts ne peuvent être garantis de façon conventionnelle et les banquiers doivent faire preuve d’imagination. Au Bangladesh, par exemple, la banque Grammen (l’une des pionnières en la matière) indexe ses prêts sur la réputation sociale des clients potentiels et garantit le remboursement par la pression communautaire. Ces techniques, et d’autres tout aussi originales, font que le taux de remboursement est extrêmement élevé – bien plus élevé que celui des opérations traditionnelles – malgré un contexte général a priori défavorable. De fait, le très respectable « Bankers » affirme que la microfinance est deux fois plus profitable que le secteur traditionnel et les grands groupes bancaires commencent tous à ouvrir leur branche de microfinance. Voilà une bonne nouvelle pour les petits entrepreneurs libanais.
* Spécialiste en stratégie et théorie des organisations - Centre de recherches et d’études doctorales de l’ESA (CRED).
En coopération avec l’ESA
L’importance des petites et moyennes entreprises (PME) est le plus souvent méconnue. Elles pèsent pourtant lourdement sur les économies nationales. Leur nombre supplante largement celui des grandes firmes. Le Liban n’échappe pas à la règle. Près de 96 % des entreprises regroupent moins de 50 personnes. Comme c’est le cas partout dans le monde, ces compagnies assurent la majeure partie de l’emploi et génèrent une part substantielle de la valeur économique nationale. Plus important encore, les PME libanaises comme leurs « sœurs » internationales sont théoriquement à l’origine du renouvellement et de la transformation du tissu productif à travers le jeu de création et de cessation d’entreprises. En ces temps de crise et de mutation économique, il s’agit là d’une caractéristique...
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