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ZONE EURO Ministres et banquiers en désaccord sur l’inflation

La prochaine hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) marque une profonde divergence d’analyse entre ministres de l’Économie et banquiers centraux de la zone euro sur l’impact inflationniste de la flambée des prix du pétrole. Le gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet, ainsi que d’autres Banques centrales européennes, comme la Banque de France hier, justifient la prochaine hausse par les risques d’inflation provoqués par la flambée des prix du pétrole. Cette hausse, attendue jeudi 1er décembre, portera probablement le taux de 2 à 2,25 %. Les banquiers centraux craignent principalement l’effet « de second tour » de la hausse du brut qui se traduirait par une progression des prix des autres produits ainsi que des salaires. « Nous sommes particulièrement attentifs à ce qu’il n’y ait pas d’effet de “second tour”. Il ne faut pas que les agents économiques (...) incorporent dans leurs décisions l’hypothèse que les hausses de prix dues au pétrole sont persistantes », expliquait Jean-Claude Trichet dans un entretien publié ce week-end dans trois quotidiens européens. Hier, la Banque de France a estimé que le risque d’une relance de l’inflation existait bel et bien dans les pays industrialisés. Un avis qui est loin d’être partagé par les ministres de l’Économie de la zone euro qui avaient demandé au début du mois à la BCE de respecter un statu quo sur ses taux afin de ne pas faire capoter une reprise économique qui reste très fragile. Cela a été confirmé par la suite par plusieurs indicateurs économiques en France, en Allemagne ou en Italie. « Nous sommes certains qu’il n’y a pas d’effet de second tour, cela signifie que les salaires sont bien contrôlés », a ainsi déclaré hier Thierry Breton. Face à la fermeté de la BCE, le ministre français de l’Économie s’est toutefois résigné à une hausse des taux, en espérant qu’elle n’annoncerait pas un cycle de relèvements. Dans un entretien au Figaro, le président de l’Eurogroupe, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, note que la zone euro « fait face à un manque de confiance des consommateurs » et que « le fait de tirer ce signal d’alarme monétaire risque d’entamer davantage cette confiance et peut apparaître comme prématuré ». Un constat que partagent les patrons européens et les économistes. Le syndicat des patrons européens UNICE, par la voix de son président Ernest-Antoine Seillière, affirmait le 8 novembre que l’inflation sous-jacente (hors prix du pétrole) était stable et qu’une hausse des taux serait négative pour la croissance européenne. « La BCE réussira-t-elle dans la zone euro, là où la crise des banlieues et les conflits sociaux ont échoué dans l’Hexagone? » s’interroge Marc Touati, chef économiste chez Natexis, qui craint qu’une hausse des taux fasse trébucher la petite reprise économique européenne. Les économistes estiment généralement que Jean-Claude Trichet fait une erreur et attribuent aussi le prochain tour de vis monétaire à la volonté de la Banque centrale de s’affirmer face aux critiques des ministres de l’Économie qui ont par ailleurs du mal à maîtriser leurs finances publiques. Dans son entretien à Libération, La Stampa et Die Welt, Jean-Claude Trichet estime qu’il était de son devoir « de parler dans un contexte où beaucoup trop de voix, en dehors du Conseil des gouverneurs, parlaient de la politique monétaire et de taux d’intérêt ».
La prochaine hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) marque une profonde divergence d’analyse entre ministres de l’Économie et banquiers centraux de la zone euro sur l’impact inflationniste de la flambée des prix du pétrole.
Le gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet, ainsi que d’autres Banques centrales européennes, comme la Banque de France hier, justifient la prochaine hausse par les risques d’inflation provoqués par la flambée des prix du pétrole.
Cette hausse, attendue jeudi 1er décembre, portera probablement le taux de 2 à 2,25 %.
Les banquiers centraux craignent principalement l’effet « de second tour » de la hausse du brut qui se traduirait par une progression des prix des autres produits ainsi que des salaires.
« Nous sommes particulièrement attentifs à ce qu’il n’y...