Fidèle jusqu’aux derniers rangs est le public de l’église Saint-Joseph (USJ, rue Monnot) où l’Orchestre symphonique national libanais officie avec zèle et talent sous la direction de Michel Khaïrallah. Menu panaché allant des pages de Mozart à celles de Schubert avec une révélation : la prestation et la composition de Claude Chalhoub, jeune musicien libanais, professeur de violon et de musique de chambre au Conservatoire national supérieur de musique. De l’enchantement de la flûte aux sanglots du violon pour finir avec les humeurs changeantes de Schubert…
Il voulait une musique courte et simple, le flûtiste virtuose qui commandait une œuvre sur mesure au génie de Salzbourg ! Savait-il combien la musique va au-delà de toute recommandation et frontière avec Mozart, lui qui savait qu’elle ne devait jamais offenser l’oreille, mais charmer ? C’est ainsi qu’est né ce Concerto en trois mouvements Pour flûte et orchestre n° 1 en G majeur de Mozart en 1777. Douceur d’une narration fluide avec un rythme marqué pour l’ouverture tandis que l’Adagio se love dans une rêverie caressante sur fond d’une mélodie empreinte d’une grande fraîcheur. Le Rondo du Finale a une allure de menuet et tournoie avec une légèreté remarquable. Non seulement riche dialogue de la flûte et de l’orchestre, mais aussi et surtout d’admirables moments de solo pour la flûte qui déploie une belle palette de sonorités, usant de toutes ses ressources, sans jamais céder à la virtuosité gratuite. Très bonne réplique de la flûte, dans ses murmures, ses envolées et son chant, à l’orchestre, par le Roumain Alin Tataru, qui a du souffle et de l’inspiration.
Scavengers Dance est le titre de l’œuvre commandée à Claude Chalhoub au festival Traumzeit en 2003. Orchestre réduit à ses cordes avec un violon incantatoire aux assauts tziganes ne manquant pas, en toute subtilité, d’une certaine orientalité. À l’archet, Claude Chalhoub pour un jeu fusionnel avec un violon d’une redoutable et flamboyante volubilité.
Pour conclure, entre pénombre et lumière émerge la voix de Frantz Schubert dans la Symphonie n° 5 en si bémol. Œuvre de jeunesse (parmi les dix symphonies qu’il a écrites et qui n’ont presque pas été jouées du vivant de l’auteur de Marguerite au rouet) mais d’une belle maturité, cette narration tout en nuances et tonalités vibrantes a des couleurs surprenantes. Les violons exposent les thèmes et par la suite, bassons et hautbois ont la part belle dans la joyeuse ronde de commentaires d’une partition oscillant entre esprit chagrin et bonne humeur. Influence beethovenienne sans nul doute perceptible dans ces lignes parfois majestueuses, mais où les violons ont des éclats de vivacité incomparables. Il ne faut jamais l’oublier, Schubert, lui le maître du chant avec ses « lied », n’en insufflait pas moins de vie à ses violons évoquant les passions humaines ou la fuite d’un nuage…
Longue ovation pour une soirée placée sous le signe du charme et des sortilèges de la bonne musique, et salut heureux des musiciens.
E. D.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Fidèle jusqu’aux derniers rangs est le public de l’église Saint-Joseph (USJ, rue Monnot) où l’Orchestre symphonique national libanais officie avec zèle et talent sous la direction de Michel Khaïrallah. Menu panaché allant des pages de Mozart à celles de Schubert avec une révélation : la prestation et la composition de Claude Chalhoub, jeune musicien libanais, professeur de violon et de musique de chambre au Conservatoire national supérieur de musique. De l’enchantement de la flûte aux sanglots du violon pour finir avec les humeurs changeantes de Schubert…
Il voulait une musique courte et simple, le flûtiste virtuose qui commandait une œuvre sur mesure au génie de Salzbourg ! Savait-il combien la musique va au-delà de toute recommandation et frontière avec Mozart, lui qui savait qu’elle ne devait jamais...