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Actualités - Chronologie

Chômage et discrimination aux sources du désespoir dans les banlieues

Le chômage massif et les discriminations à l’embauche contribuent largement au désespoir qui s’exprime dans les banlieues défavorisées, en dépit des multiples initiatives menées depuis des années pour ramener l’emploi dans ces quartiers, soulignent experts et associations. Selon l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS), le taux de chômage a été en moyenne sur l’année 2004 de 20,7 % dans ces quartiers, soit le double de la moyenne nationale. Pour les jeunes de 15 à 25 ans, le taux atteint 36 % chez les garçons et 40 % chez les filles. Même en période d’embellie sur l’emploi, comme en 2005, le taux de chômage des plus précaires a continué de s’accroître. Le manque d’entreprises implantées dans ces zones, la qualification insuffisante des candidats, mais aussi la discrimination à l’embauche à l’encontre des jeunes issus de l’immigration expliquent ce marasme. De plus, « même ceux qui ont eu un parcours universitaire se retrouvent au chômage ou avec des emplois sous-qualifiés. Quand un expert-comptable se retrouve magasinier, cela contribue grandement au désespoir des jeunes qui arrivent derrière », note Samuel Thomas, vice-président de SOS-Racisme. Mise en place au printemps 2005, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) avait déjà été saisie en juillet de 400 plaintes, dont la moitié concernait l’emploi, selon son président, Louis Schweitzer. D’après l’ancien PDG de Renault, « la première source de discrimination, c’est l’origine ». « Cela ne signifie pas qu’il faille dresser un constat d’échec de la politique de l’intégration, plaide Guillaume Merzi, du Haut conseil à l’intégration. De nombreux outils ont été mis en place, qui fonctionnent sur le moyen et le long terme. Il faut les poursuivre. » De fait, les « outils » sont foison : contrats aidés par l’État pour les embauches de RMIstes, Pactes juniors (contrats en alternance dans la Fonction publique pour jeunes sans diplôme ou sans qualification professionnelle), accompagnement par tutorat de jeunes pour leur insertion dans la vie sociale. Mais aussi zones franches pour les entreprises qui s’installent dans les quartiers – 81 aujourd’hui en France – avec exonérations de charges si elles embauchent au moins un tiers d’habitants du quartier, rappelle-t-on au ministère de l’Emploi et de la Cohésion sociale. Pour Force ouvrière, Jean-Claude Quentin plaide pour la Validation des acquis de l’expérience (VAE), qui permet de certifier des connaissances acquises sur le terrain, afin de « montrer aux jeunes qu’ils valent quelque chose, même s’ils n’ont pas de diplôme ». Plusieurs voix proposent l’instauration de CV anonymes, « pour permettre au moins à chacun de défendre sa candidature en entretien et faire prendre conscience au recruteur de l’absurdité de ses préjugés », explique SOS-racisme qui demande aux ANPE de « signaler systématiquement au procureur les employeurs qui ne veulent que des BBR » (Bleu-blanc-rouge, Français de souche). Si les « chartes de la diversité », aujourd’hui signées par 200 entreprises, sont parfois un « leurre », selon les militants antiracistes, des entreprises se sont engagées dans la lutte contre la discrimination comme PSA, MacDonald ou des agences d’interim comme Addia ou Vediorbis.

Le chômage massif et les discriminations à l’embauche contribuent largement au désespoir qui s’exprime dans les banlieues défavorisées, en dépit des multiples initiatives menées depuis des années pour ramener l’emploi dans ces quartiers, soulignent experts et associations.
Selon l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS), le taux de chômage a été en moyenne sur l’année 2004 de 20,7 % dans ces quartiers, soit le double de la moyenne nationale. Pour les jeunes de 15 à 25 ans, le taux atteint 36 % chez les garçons et 40 % chez les filles. Même en période d’embellie sur l’emploi, comme en 2005, le taux de chômage des plus précaires a continué de s’accroître. Le manque d’entreprises implantées dans ces zones, la qualification insuffisante des candidats, mais aussi la discrimination à...