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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Sans une aide internationale, l’Afrique totalement démunie face à la grippe

L’Afrique, continent le plus pauvre de la planète et prochaine étape probable sur la route de la grippe aviaire, commence tant bien que mal à se mobiliser contre cette maladie, mais sans l’aide de la communauté internationale, ses efforts devraient être presque vains. « L’Europe qui a beaucoup de moyens n’a pu éviter la grippe aviaire, alors qu’est-ce qui va nous arriver en Afrique ? » s’inquiète le Bureau interafricain des ressources animales (BIAR), une agence de l’Union africaine (UA) basée à Nairobi. « Les choses se précipitent. On ne pensait pas, il y a encore un mois, que la maladie allait arriver si vite en Europe », admet le directeur du BIAR, Modibo Traoré. Et du coup qu’elle pourrait éventuellement frapper l’Afrique si rapidement. L’Afrique de l’Est devrait être la région du continent noir la première touchée. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les oiseaux porteurs du virus pourraient arriver dans les pays de la vallée du Rift, notamment l’Éthiopie, le Kenya et la Tanzanie, entre décembre et mars-avril prochains. Petit à petit, l’Afrique est sensibilisée aux risques de la grippe aviaire, transmissible à l’homme. La clé dans la lutte contre la maladie est le diagnostic, qui doit être fait rapidement pour empêcher la propagation du virus, insistent les spécialistes. « On n’est pas capable de prévoir le temps dans certaines régions du Kenya, alors identifier la maladie, imaginez », s’inquiète la porte-parole de l’ILRI, Susan MacMillan. Dans le cas où la maladie serait diagnostiquée, chaque pays devra prendre des mesures, allant de l’abattage des volailles infectées à la mise en quarantaine, à l’enfermement des poulets pour les protéger de la contamination, jusqu’à la vaccination. À ce jour, les vaccins ne sont pas disponibles en Afrique, selon des sources concordantes. Et le cloisonnement des volailles semble irréaliste, puisqu’en Afrique les poulets vivent souvent en liberté, le long des routes, dans les bidonvilles, ou dans les prairies. L’abattage des volailles nécessite, lui, des compensations financières pour les éleveurs. « Les pays africains n’ont pas les moyens de prendre les mesures adéquates sans le soutien de la communauté internationale », affirme Duncan Mwangi, selon qui si la maladie est transmissible de l’homme à l’homme, ce qui n’a pas encore été prouvé, « cela se fera en Afrique, car la population est très vulnérable ici ».

L’Afrique, continent le plus pauvre de la planète et prochaine étape probable sur la route de la grippe aviaire, commence tant bien que mal à se mobiliser contre cette maladie, mais sans l’aide de la communauté internationale, ses efforts devraient être presque vains. « L’Europe qui a beaucoup de moyens n’a pu éviter la grippe aviaire, alors qu’est-ce qui va nous arriver en Afrique ? » s’inquiète le Bureau interafricain des ressources animales (BIAR), une agence de l’Union africaine (UA) basée à Nairobi. « Les choses se précipitent. On ne pensait pas, il y a encore un mois, que la maladie allait arriver si vite en Europe », admet le directeur du BIAR, Modibo Traoré. Et du coup qu’elle pourrait éventuellement frapper l’Afrique si rapidement. L’Afrique de l’Est devrait être la région du continent...