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Actualités - Opinion

Cohérence minimale ?

Décidément, Walid Joumblatt est impayable. L’homme continue, avec la même désinvolture, à ébranler les dogmes, à bousculer tous les ordres, donnant toujours de lui cette image séduisante d’enfant terrible, d’éternel rebelle du système politique libanais. Évidemment, il n’en est que toujours plus contesté. Mais qu’importe ? Seules des figures suffisamment géniales et atypiques comme lui peuvent se le permettre, sans que cela n’affaiblisse pour autant leur éclat. Au contraire : comme « l’Albatros » de Baudelaire, elles ne donnent le meilleur d’elles-mêmes que dans la tempête et la polémique. Cependant, depuis quelques mois, le chef du PSP semble faire de grands écarts sensationnels pour se réconcilier avec lui-même, pour opérer une jonction entre deux discours quasi antinomiques, avec, en filigrane, le retour au traditionnel discours « arabiste » qui, sans avoir été sérieusement dépoussiéré, finit par faire quand même un peu vieillot. Entre septembre 2004 et mars 2005, Joumblatt a été sur le terrain politique le principal fer de lance de la lutte contre le régime sécuritaire libano-syrien, dont il a été lui-même la cible préférée, ne serait-ce qu’à travers l’attentat qui a visé Marwan Hamadé. Le voilà maintenant qui rend hommage à Ghazi Kanaan, celui qui a été, dans les faits, le créateur de ce régime policier. Joumblatt fait désormais partie, à la tête de l’opposition plurielle, de la nouvelle génération d’hommes de l’indépendance qui ont libéré le Liban de la tutelle syrienne. Il persiste cependant à rendre hommage aux martyrs de la bataille de Souk el-Gharb et se félicite de l’invasion, par les forces syriennes d’occupation, du palais présidentiel, le 13 octobre 1990, pour évincer le « rebelle » Michel Aoun. Le dilemme de Walid Joumblatt est poignant parce qu’il traduit le combat terrible qui se livre en son for intérieur. On voudrait pouvoir l’aider à choisir entre le 13 octobre et le 14 mars. Michel HAJJI GEORGIOU
Décidément, Walid Joumblatt est impayable. L’homme continue, avec la même désinvolture, à ébranler les dogmes, à bousculer tous les ordres, donnant toujours de lui cette image séduisante d’enfant terrible, d’éternel rebelle du système politique libanais. Évidemment, il n’en est que toujours plus contesté. Mais qu’importe ? Seules des figures suffisamment géniales et atypiques comme lui peuvent se le permettre, sans que cela n’affaiblisse pour autant leur éclat. Au contraire : comme « l’Albatros » de Baudelaire, elles ne donnent le meilleur d’elles-mêmes que dans la tempête et la polémique. Cependant, depuis quelques mois, le chef du PSP semble faire de grands écarts sensationnels pour se réconcilier avec lui-même, pour opérer une jonction entre deux discours quasi antinomiques, avec, en filigrane,...