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Actualités - Opinion

L’internationalisation, thème majeur de la prochaine étape politique

Les partis et les blocs parlementaires commencent à se préparer, à se repositionner en fonction de la ligne qu’ils voudront, ou devront, suivre après le rapport Mehlis. Mais on voit se profiler déjà le contour de la prochaine étape. En effet, le Liban s’achemine progressivement vers une demande accrue d’internationalisation, pour faire face à ses problèmes. Il est bien entendu question d’internationaliser l’ensemble des enquêtes sur les attentats et les assassinats, en faisant appel à des experts étrangers. Partant de là, il devrait y avoir, d’une manière globale, une sorte d’internationalisation de la sécurité tout entière, par le recours à des spécialistes mandatés de l’extérieur disposant d’une technologie sophistiquée. Ce qui pourrait permettre à ce pays de se prémunir contre les retombées négatives éventuelles des conclusions de la commission internationale d’enquête. L’axe qui constitue la majorité ministérielle et parlementaire attend donc la publication du rapport Mehlis pour déterminer ses options. Si les quatre généraux devaient être confondus pour de bon, preuves à l’appui, l’alliance ne manquerait pas d’imputer au président Lahoud la responsabilité morale de l’assassinat du président Hariri. En l’accusant peut-être de recel d’informations. Certains pourraient aller jusqu’à réclamer la mise en jugement du chef de l’État, s’il devait continuer à refuser de démissionner. Même si le rapport Mehlis devait strictement limiter les soupçons aux officiers inculpés, la majorité ne manquerait pas de mettre en cause la responsabilité politique du régime, du moment qu’il était à la tête du système qui avait gouverné le pays à travers ces cadres. Une pression populaire autant que politique serait alors exercée pour la démission. Pour le moment, la tendance au sein de la majorité est de penser que le rapport Mehlis mettrait clairement les points sur les i. En étayant les accusations potentielles d’indices si probants que le camp soutenant le régime ne pourrait les réfuter. Mais d’autres professionnels pensent que le rapport ne serait pas aussi clair que cela en ce qui concerne l’implication de cadres libanais ou syriens. Ils estiment que la commission manque encore de preuves radicales. Aussi, à leur avis, il ne devrait pas y avoir de confrontation locale, mais un accord tacite d’attendre le jugement définitif, en épargnant au pays de nouvelles secousses politiques ou sécuritaires. En tout cas, les tentatives de mettre en doute l’impartialité de la commission internationale, en prétendant qu’elle poursuit des objectifs politiques, ont fait long feu. Mais il est certain que les forces locales ne vont pas manquer de donner un sens politique concret aux résultats de l’enquête. Chacun va tenter d’en tirer profit ou de limiter les dégâts. Il est prévisible qu’il y aurait confrontation entre les parties que le rapport comblerait d’aise et celles qu’il accablerait et qui annoncent déjà la couleur, en affirmant que ce rapport ne signifie rien sur le plan judiciaire et qu’il faudra attendre le verdict final. Au cas où le document mettrait en cause la Syrie, étant donné que les cadres libanais en relevaient de fait, il est évident que ses alliés, dont le Hezbollah, rejetteraient le rapport. Avec un risque de confrontation politique locale qui pourrait gagner la rue. C’est bien pourquoi il faut rechercher les moyens de prévention à mettre en œuvre. En faisant appel, le cas échéant, à la communauté internationale et même au Conseil de sécurité. Dès à présent, en fait, l’épreuve se trouve engagée d’une manière larvée. Et il est possible qu’avec le rapport Mehlis, les ministres qui y seraient opposés présentent leur démission. Pour provoquer une crise aiguë aux conséquences incalculables. Émile KHOURY

Les partis et les blocs parlementaires commencent à se préparer, à se repositionner en fonction de la ligne qu’ils voudront, ou devront, suivre après le rapport Mehlis. Mais on voit se profiler déjà le contour de la prochaine étape. En effet, le Liban s’achemine progressivement vers une demande accrue d’internationalisation, pour faire face à ses problèmes. Il est bien entendu question d’internationaliser l’ensemble des enquêtes sur les attentats et les assassinats, en faisant appel à des experts étrangers. Partant de là, il devrait y avoir, d’une manière globale, une sorte d’internationalisation de la sécurité tout entière, par le recours à des spécialistes mandatés de l’extérieur disposant d’une technologie sophistiquée. Ce qui pourrait permettre à ce pays de se prémunir contre les retombées...