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Actualités - Analyse

ANALYSE Négociations avec l’Iran ou escalade après la menace de l’AIEA ?

Après la résolution de l’AIEA permettant une saisine ultérieure du Conseil de sécurité de l’ONU sur le nucléaire iranien, les analystes se demandent s’il y aura escalade entre l’Iran et les Occidentaux ou au contraire reprise des négociations, d’ici au prochain conseil de l’AIEA fin novembre. Le conseil des gouverneurs, l’Exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique, exceptionnellement divisé, a adopté samedi par un vote (22 contre 1 et 12 abstentions) une résolution européenne qui permet le renvoi du dossier au Conseil de sécurité, en invoquant la « non-conformité de l’Iran au regard du régime de non-prolifération » et des « dissimulations » prolongées. Pour sa part, l’Iran rejette comme « illégale » et « inacceptable » la résolution, mais « reste attachée au Traité de non-prolifération (TNP) et estime que la voie des négociations n’est pas fermée », a déclaré hier son ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki. Téhéran persiste pourtant sur le principal point de blocage avec les trois négociateurs européens – Allemagne, France et Grande-Bretagne (UE3) – puisque, après avoir repris la conversion d’uranium en août, malgré les objurgations de l’AIEA, elle refuse de renoncer à l’enrichissement d’uranium. Les Européens sont prêts à reprendre les pourparlers, menés de novembre 2004 à juillet dernier, en espérant que l’Iran « saisira cette occasion de répondre aux inquiétudes » internationales, a souligné le secrétaire au Foreign Office Jack Straw. Le texte de l’UE3 ne demande pas expressément la saisine pour le moment du Conseil de sécurité – contrairement à un projet précédent plus dur –, mais établit les conditions d’un transfert ultérieur, après un nouveau rapport du directeur général de l’AIEA Mohammed el-Baradei. Or, samedi soir, M. el-Baradei s’est dit « encouragé » par le fait que le report d’une saisine de l’ONU « offre une occasion à la diplomatie et à la négociation » d’ici à la prochaine réunion du conseil des gouverneurs, le 24 novembre. Selon un spécialiste américain en désarmement, David Albright, l’atténuation du premier projet « donne du temps aux deux parties pour faire quelque chose de différent ». Mais, a-t-il dit à l’AFP, l’Occident n’avait d’autre choix que de hausser le ton après le récent discours sans compromis du nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad, aux Nations unies. C’est la première fois depuis le début de 2003, et un vote sur l’envoi du dossier de la Corée du Nord au Conseil de sécurité, que les 35 gouverneurs n’ont pas décidé à l’unanimité. La Russie, la Chine et la plupart des non-alignés s’opposaient aux projets de l’UE en demandant le maintien des discussions dans l’enceinte de l’Agence de Vienne. Mais seul le Venezuela du président Hugo Chavez hostile à Washington a voté non. La Russie, la Chine, l’Afrique du Sud, le Brésil et le Pakistan se sont abstenus. L’Inde, qui a invité l’Iran à la souplesse, a rejoint le camp du oui. Ces derniers jours, les Iraniens ont menacé de se retirer du TNP, d’appliquer des restrictions sélectives à leurs exportations de pétrole, et de procéder à l’enrichissement d’uranium – qui peut servir ensuite à la bombe atomique. Dans ce cas, la République islamique franchirait « une ligne rouge » pour les États-Unis, l’UE et Israël, a estimé un autre expert en non-prolifération, Joe Cirincione, à Washington. « Alors, on entrerait dans un mouvement dangereux, une escalade incontrôlable », a-t-il déclaré. Michael ADLER (AFP)
Après la résolution de l’AIEA permettant une saisine ultérieure du Conseil de sécurité de l’ONU sur le nucléaire iranien, les analystes se demandent s’il y aura escalade entre l’Iran et les Occidentaux ou au contraire reprise des négociations, d’ici au prochain conseil de l’AIEA fin novembre.
Le conseil des gouverneurs, l’Exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique, exceptionnellement divisé, a adopté samedi par un vote (22 contre 1 et 12 abstentions) une résolution européenne qui permet le renvoi du dossier au Conseil de sécurité, en invoquant la « non-conformité de l’Iran au regard du régime de non-prolifération » et des « dissimulations » prolongées. Pour sa part, l’Iran rejette comme « illégale » et « inacceptable » la résolution, mais « reste attachée au Traité de...