Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

La protection internationale s’étend au domaine politique comme à la sécurité

Le soutien de la communauté internationale, souligne un ministre, ne se limite pas à l’assistance économique, mais s’étend au domaine politique comme à la sécurité. Car tout étant lié, les réformes nécessaires au redressement économique ne peuvent évidemment pas se faire sans un plan d’action politique. Plan qui lui-même ne peut être mis en chantier dans un climat d’instabilité sécuritaire. D’autant que la conférence décisive d’assistance doit se tenir, en novembre, à Beyrouth même. D’ici là, ajoute le ministre, les donateurs ne cachent pas qu’ils comptent tester les capacités du gouvernement libanais à tenir ses engagements. Ce qui signifie que les réformes devraient être mises en chantier avant la conférence, et non après. Bien sûr, on n’attend pas du Liban qu’en deux mois il réalise tout le programme de restructuration. Mais il doit donner des gages sérieux, des arrhes en quelque sorte. On suppose, à ce propos, que les raisons du blocage antérieur, qui avait abouti au torpillage du redressement, sont maintenant abolies. C’est-à-dire qu’il ne va plus y avoir de conflit au sein du pouvoir au sujet des réformes. Au stade actuel, chacun manifeste de bonnes intentions. Mais l’authenticité de ces bonnes dispositions que l’on affiche reste à vérifier en pratique. Cela étant, la partie accusée précédemment d’obstruction paraît désormais trop affaiblie pour rechercher la confrontation. Elle se réfère même, dans son nouveau langage politique, à l’esprit du 14 mars. On peut dès lors espérer une consolidation de la stabilité politico-sécuritaire, au profit du redressement économique. Le président Siniora, s’adressant au Core Group, à New York, a souligné que les réformes ont été entravées pendant de longues années par des considérations d’ordre politique. Il a cependant réitéré l’engagement de donner corps aux dispositions développées dans la déclaration ministérielle de son cabinet. Dans le respect total, a-t-il dit, du principe de la séparation des pouvoirs comme des libertés publiques. Ce qui implique, selon ses termes, la réouverture des médias fermés de manière arbitraire pour des motifs politiques. Ajoutant que, dans le même esprit, les écoutes téléphoniques vont être contrôlées, de manière à prohiber les débordements illicites. Le président Siniora a également évoqué la réhabilitation de la justice comme des services de sécurité. Il a promis d’interdire l’exploitation des deniers publics et d’accélérer la privatisation du secteur de l’énergie électrique, des télécommunications, des eaux et des lignes aériennes nationales. Mais l’Amérique, de son côté, réaffirme ses conditions. Toujours devant le Core Group, Condoleezza Rice a souligné qu’il est nécessaire qu’au Liban il n’y ait qu’une seule autorité et des forces de sécurité uniques opérant sous son contrôle. Elle a précisé que Washington veut appuyer le gouvernement libanais pour qu’il applique sans faute la 1559. À ce propos, le président Siniora a redit qu’un dialogue a commencé entre les parties libanaises. Le but étant de parvenir à une solution sans provoquer des problèmes supplémentaires. Le Hezbollah, de son côté, attend le retour du chef du gouvernement pour s’informer du détail de ses échanges avec les Américains. Au sujet, bien évidemment, de la résistance, qui rappelle les engagements pris à son égard par le cabinet dans sa déclaration ministérielle. Le député Mohammed Raad a exprimé les appréhensions du Hezb en dénonçant l’éventualité que les réformes, c’est-à-dire les assistances, soient liées à l’exécution de la 1559. De son côté, le président Berry a protesté contre le fait que les conversations avec les Américains aient eu lieu en l’absence du ministre des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh. De tout cela il ressort que le risque d’entraves aux réformes pourrait continuer à exister, en se transposant d’une partie à une autre. Émile KHOURY

Le soutien de la communauté internationale, souligne un ministre, ne se limite pas à l’assistance économique, mais s’étend au domaine politique comme à la sécurité. Car tout étant lié, les réformes nécessaires au redressement économique ne peuvent évidemment pas se faire sans un plan d’action politique. Plan qui lui-même ne peut être mis en chantier dans un climat d’instabilité sécuritaire. D’autant que la conférence décisive d’assistance doit se tenir, en novembre, à Beyrouth même.
D’ici là, ajoute le ministre, les donateurs ne cachent pas qu’ils comptent tester les capacités du gouvernement libanais à tenir ses engagements. Ce qui signifie que les réformes devraient être mises en chantier avant la conférence, et non après. Bien sûr, on n’attend pas du Liban qu’en deux mois il réalise...