PATRIMOINE
Des vestiges néolithiques ramènent l’histoire
de Marseille à 6000 ans av. J-C
le 15 septembre 2005 à 00h00
Des vestiges néolithiques, composés de silex taillés, de coquillages et de morceaux de céramique, ont été mis au jour pour la première fois en plein cœur de Marseille cet été, repoussant les limites de l’histoire connue de ce qui n’était pas encore une ville à environ 6000 avant Jésus-Christ.
« Après les découvertes sur le Vieux Port datant de l’âge de bronze (1800-700 avant J-C), nous continuons à remonter dans le temps », explique François Souq, directeur interrégional de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
Le site en plein air, très rare pour le néolithique, se déploie sur environ un hectare sur les contreforts pentus de l’imposante gare Saint-Charles mais seules les zones les mieux conservées font l’objet de fouilles sur 500 m2.
« C’est exceptionnel que le site soit resté intact aussi longtemps dans un quartier constamment occupé depuis des millénaires ! Par endroits , à peine un mètre de profondeur sépare le XXe siècle du premier niveau d’occupation néolithique ! » s’enthousiasme Ingrid Senepart, de l’Atelier du patrimoine de la ville de Marseille et directrice des fouilles.
Les hommes du néolithique sont initialement venus de Syrie, de Palestine ou de Turquie par voie maritime pour s’implanter sur les rives occidentales de la Méditerranée. « Nous sommes face à un paradoxe : ce peuple d’agropasteurs qui connaît l’élevage de chèvres et de moutons consommait des coquillages », expose Mme Senepart.
Les coquillages retrouvés en nombre conséquent et en très bon état permettent de donner des indications sur les goûts culinaires de ces premiers « Marseillais »: ceux du néolithique ancien mangeaient des patelles et des bigorneaux, ceux du néolithique moyen leur préféraient les cardium (coques, dont la dentelure permettait de décorer les céramiques). Ceux du néolithique le plus récent affectionnaient surtout les murex.
Nicolas Weydert, archéologue à l’Inrap et spécialiste des coquillages, penche pour l’hypothèse d’une « occupation saisonnière » du site : ces hommes, éleveurs de surcroît, pourraient bien être venus de l’arrière-pays en bord de mer pour ne consommer que des coquillages, aliments contenant du sucre et de l’iode.
En effet, comment expliquer l’absence de fragments d’os de leurs animaux de consommation courante ?
Les traces d’emplacements de poteaux laissent envisager des structures d’habitat ou de clôture, et les sols recèlent des indices sur leur vie quotidienne comme ces pierres brûlées qui pourraient être d’anciens foyers.
Les fouilles préventives vont continuer avant que ne soit édifiée, dans cette zone en pleine rénovation du centre de Marseille, une résidence dévolue aux étudiants... du XXIe siècle.
Des vestiges néolithiques, composés de silex taillés, de coquillages et de morceaux de céramique, ont été mis au jour pour la première fois en plein cœur de Marseille cet été, repoussant les limites de l’histoire connue de ce qui n’était pas encore une ville à environ 6000 avant Jésus-Christ.
« Après les découvertes sur le Vieux Port datant de l’âge de bronze (1800-700 avant J-C), nous continuons à remonter dans le temps », explique François Souq, directeur interrégional de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).
Le site en plein air, très rare pour le néolithique, se déploie sur environ un hectare sur les contreforts pentus de l’imposante gare Saint-Charles mais seules les zones les mieux conservées font l’objet de fouilles sur 500 m2.
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