L’invincible armada de Chelsea, fortifiée par l’or de son milliardaire russe Roman Abramovitch, se met en branle pour conquérir une Europe qui s’est refusée à elle ces deux dernières saisons, ce soir face à Anderlecht lors de la 1re journée de la Ligue des champions de football.
Deux fois le club londonien s’est retrouvé bloqué au port des demi-finales. En 2004, l’inattendu Monaco s’est placé devant l’étrave du navire alors mené par Claudio Ranieri. L’Italien a payé le prix de cette défaite en étant remplacé par José Mourinho, qui venait de faire du FC Porto le champion d’Europe.
Le Portugais, chez qui l’intelligence se mêle à l’intransigeance, a répondu à une attente initiale de ses dirigeants en amenant cette année à son club son premier titre de champion depuis 50 ans. Mais en Liverpool – futur vainqueur –, un autre obstacle sur la route de l’Europe l’a obligé à rebrousser chemin, toujours en demi-finale.
Les exigences de Roman Abramovitch allant de pair avec sa mise financière, Chelsea se voit en quelque sorte contraint de faire encore mieux en 2006 : au minimum de faire voile jusque vers Paris, où aura lieu la finale de cette édition.
L’oligarque russe a dépensé 56 millions de livres (82 millions d’euros) de plus cet été – pour un total de plus de 300 millions de livres (438 millions d’euros) depuis qu’il a racheté le club en juillet 2003 – pour armer sa flotte avec l’Espagnol Asier Del Horno, le Ghanéen Michael Essien et l’Anglais Shaun Wright-Phillips.
Intouchable
Chargé de conduire un effectif ne comptant que des internationaux, José Mourinho a très vite éteint les semblants de mutinerie. Son compatriote Ricardo Carvalho, honoré du titre de meilleur défenseur de l’année 2004 par l’Union européenne de football (UEFA), s’est étonné de ne pas être titulaire.
Le général lui a élégamment conseillé d’aller effectuer « un test de QI » et l’a mis aux fers pour quelques semaines. Carvalho n’a encore disputé aucun match, mais pourrait se voir pardonné ce soir, profitant de la blessure de Del Horno.
Mourinho n’a, il est vrai, guère de raisons de toucher à un système défensif qui ne connaît jamais la moindre voie d’eau, autour des pivots John Terry et William Gallas, deux des quatre joueurs à avoir disputé tous les matches cette saison (avec Franck Lampard et Del Horno).
La défense des Blues n’a pas encaissé le moindre but cette saison en cinq matches de championnat. Une assurance qui leur permet de terroriser déjà leurs adversaires anglais, alors même qu’ils sont encore loin de provoquer des étincelles offensives.
L’ennui gagne même déjà la Premier League. Le champion en titre n’a pas encore lâché le moindre point et semble déjà intouchable. Mais au-delà, Anderlecht, le Bétis Séville et Liverpool – placé par un sort malin dans le même groupe que sa victime de la saison passée – peuvent s’inquiéter, et avec eux toute l’Europe.
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