«Le multiculturalisme à l’anglaise ne peut survivre tel quel » : pour Tariq Ramadan, le très controversé intellectuel musulman consulté par le gouvernement de Tony Blair depuis les attentats de Londres, il y a clairement un avant et un après 7 juillet.
Si fière de son label multiculturel, la société britannique a perdu une partie de sa naïveté quand elle a réalisé que trois des quatre kamikazes étaient de jeunes Anglais d’origine pakistanaise, apparemment bien intégrés. « Le système britannique perçu comme le modèle du multiculturalisme a de sérieuses questions à se poser », assure Tariq Ramadan dans un entretien avec l’AFP : « Ce multiculturalisme qui est en fait un patchwork de communautés qui ne se connaissent pas, qui vivent côte à côte, ce système ne peut pas survivre aux crises. »
Souvent accusé de double langage, présenté par le Sun comme « la face acceptable du terrorisme », Tariq Ramadan a pourtant bien été appelé par Downing Street pour faire partie d’une commission contre l’émergence de l’extrémisme au sein de la communauté musulmane britannique. Et il ne compte pas épargner ses coreligionnaires. « Les musulmans doivent sortir de leurs ghettos intellectuels et sociaux », assène-t-il : « Ce qui me paraît le plus déterminant aujourd’hui, c’est la non-intégration psychologique. On dit qu’on est “british”, mais on le dit avec sa tête, on ne le sent pas. »
L’intellectuel genevois critique la propension des musulmans britanniques à placer leurs enfants, « surtout les filles », dans des écoles islamiques : « c’est de l’autoségrégation, de l’autoexclusion (...) une fausse réponse des musulmans face à leur difficulté à préserver leurs valeurs et leurs principes ». Mais le gouvernement Blair doit faire son autocritique, insiste M. Ramadan : « Le problème vient du fait d’avoir parqué des gens dans des ghettos, sur la base de leur appartenance ethnique, de leur origine. Aujourd’hui, il faut une politique de mixité sociale beaucoup plus volontariste. »
Autre critique adressée au gouvernement britannique : avoir laissé parler librement certains prédicateurs radicaux comme Omar Bakri, Abou Hamza ou Abou Qatada. « Ça fait 15 ans que je dis que ces gens-là il faut les faire taire », assure M. Ramadan. Toutefois, il n’est pas question pour l’universitaire, interdit de séjour aux États-Unis et en délicatesse avec la France, d’endosser la politique répressive mise en place par Londres, notamment la volonté d’extrader les fauteurs de troubles vers leurs pays d’origine.
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Si fière de son label multiculturel, la société britannique a perdu une partie de sa naïveté quand elle a réalisé que trois des quatre kamikazes étaient de jeunes Anglais d’origine pakistanaise, apparemment bien intégrés. « Le système britannique perçu comme le modèle du multiculturalisme a de sérieuses questions à se poser », assure Tariq Ramadan dans un entretien avec l’AFP : « Ce multiculturalisme qui est en fait un patchwork de communautés qui ne se connaissent pas, qui vivent côte à côte, ce système ne peut pas survivre aux crises. »
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