L’euro s’est replié face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, alors que les investisseurs révisaient leurs pronostics de pause des taux d’intérêt aux États-Unis, à la lumière de la baisse des prix pétroliers et de la publication d’une statistique américaine rassurante. À cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés par l’annonce que l’indice d’activité du secteur des services aux Etats-Unis, calculé par le groupement national des directeurs d’achats (ISM), a augmenté à 65 points en août contre 60,5 points en juillet. Ce chiffre, supérieur aux attentes des économistes qui tablaient sur un indice à 61,3 points, a montré que la croissance de l’activité dans ce secteur, qui représente 80 % du PIB américain, s’est poursuivie le mois dernier à un rythme plus rapide qu’en juillet malgré le passage du cyclone Katrina à partir du 28 août. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre que les différentes composantes de cet indice sont très positives avec les nouvelles commandes, augmentant à 65,8 points contre 61,9 points, et l’emploi atteignant un niveau très élevé à 59,6 points contre 56,2 points pendant la même période. Cela étant et compte tenu aussi de l’annonce par la ministre américaine du Travail, Elaine Chao, que les régions touchées par Katrina vont connaître un formidable boom de la construction d’ici à la fin de l’année avec des créations de quelque 25 000 emplois grâce à des fonds du gouvernement fédéral, il n’est guère surprenant que les opérateurs commencent à anticiper une poursuite de la politique de resserrement monétaire aux États-Unis pour éviter toute surchauffe économique. Cette perspective a été renforcée par des propos attribués hier au chef économiste de l’OCDE, Jean-Philippe Cotis, selon lequel la Fed doit poursuivre sa politique de relèvement des taux, mais à un rythme plus lent en attendant d’en savoir davantage sur la façon dont l’économie américaine va réagir aux événements qu’elle traverse avec la hausse du pétrole et les conséquences de l’ouragan Katrina. Compte tenu de toutes ces considérations, les opérateurs ont donc estimé devoir rééquilibrer leurs positions de change au profit du billet vert surtout après qu’ils eurent appris que les ventes de détail ont baissé de 0,5 % en juillet dans la zone euro. En effet, la monnaie unique devait repasser au-dessous de 1,25 $, se négociant finalement à New York à 1,2473 $ contre 1,2527 $ la veille, à Londres, en baisse de 0,43 %.
Les Bourses dynamisées par la chute du pétrole
La Bourse américaine était en forte hausse hier, dopée par la chute des cours du brut qui a privilégié les compagnies d’aviation et les constructeurs automobiles. Les perspectives d’un formidable boom de construction dans les régions touchées par Katrina ont également soutenu la cote. Le marché a été aussi porté par la forte hausse de l’indice d’activité du secteur des services aux États-Unis en août.
Les Bourses européennes ont clôturé en hausse, profitant d’une accalmie sur le front du pétrole dans des marchés dynamisés par les bons résultats trimestriels de plusieurs sociétés (Air Liquide, Axa, Capgemini…). Des opérations de rachat dans le secteur énergétique (EON sur Scottish Power) et des projets de fusion entre banques (Lloyds TSB et Wells Fargo) ont aussi soutenu la tendance.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a continué d’osciller étroitement dans les deux sens, les actions A ayant légèrement reculé de 12,16 $ à 12,15 $ pendant que les actions B avançaient de 12,15 $ à 12,16 $.
Élie KAHWAGI
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