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Actualités - Chronologie

E-1, un plan de colonisation susceptible d’enterrer l’État palestinien (photo)

Les collines désertiques séparant Jérusalem de Maalé Adoumim, la principale colonie israélienne en Cisjordanie, seront bientôt hérissées d’habitations si Israël s’entête à mettre en œuvre un plan susceptible d’enterrer l’État palestinien. Pour l’heure, seules quelques chèvres broutent sur les pentes de ces collines arides se trouvant au nord-est de la partie orientale arabe de la Ville sainte annexée par Israël. Mais Israël a placé ce paysage désertique au cœur d’une âpre controverse avec les Palestiniens sur le sort de Jérusalem car il entend y construire 3 500 logements juifs. Ces dix dernières années, tous les gouvernements israéliens ont planifié d’urbaniser ce secteur, appelé E-1, sans cependant passer à l’action pour créer effectivement une continuité territoriale entre Maalé Adoumim et Jérusalem. La semaine dernière, Israël a cependant annoncé qu’un nouveau quartier général de la police serait construit précisément dans ce secteur. Hier, le vice-Premier ministre, Ehud Olmert, a en outre indiqué qu’il entend favoriser la construction sur place de logements susceptibles d’héberger quelque 20 000 colons, défiant ainsi les États-Unis. « C’est une question d’opportunités, de moment approprié, mais il ne fait pas de doute que ces constructions auront lieu », a déclaré ce proche de Sharon. Les officiels palestiniens et les experts n’arrêtent pas de faire valoir que ce projet de construction isolerait complètement le nord de la Cisjordanie de sa partie méridionale. « Le plan E-1 couperait en deux la Cisjordanie et isolerait totalement Jérusalem du reste des territoires palestiniens », explique Amos Gil, qui dirige Ir Amim, une organisation surveillant les activités de colonisation à Jérusalem et dans ses alentours. Le secteur E-1 s’étend sur 12 km2, en partie des propriétés privées palestiniennes et en partie des parcelles considérées comme « domaniales » – que l’État peut gérer. « Israël projette d’utiliser ces terres domaniales pour ses projets de construction et de laisser de petites poches de propriétés privées, de facto inacessibles aux Palestiniens », affirme à l’AFP Jan Dejong, un consultant néerlandais pour les questions de planification qui coopère avec les institutions de l’Autorité palestinienne. Non loin de la route reliant Jérusalem et Jéricho, un chemin se faufile déjà jusqu’à un chantier situé quelques centaines de mètres plus loin au sommet d’une colline. C’est là que doit être érigé le quartier général de la police. « La mise en œuvre de ce projet revient à se moquer de la “feuille de route” » le dernier plan international de paix, estime Dror Etkes, un responsable du mouvement israélien anticolonisation La Paix maintenant. « Ils (les Israéliens) essaient de voir jusqu’où ils peuvent pousser leur projet sans heurter les Américains », dit-il. Les États-Unis ont en effet condamné le projet E-1 et les plans d’expansion de Maalé Adoumim, car ils contreviennent à la « feuille de route » qui prévoit notamment le gel de la colonisation juive. Hier, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a également appelé à la fin de la colonisation juive dans les territoires palestiniens, lors d’une rencontre avec l’envoyé de l’ONU au Proche-Orient. « C’est l’ultime secteur non développé assurant aux Palestiniens des territoires occupés l’accès à Jérusalem-Est » où ils espèrent établir la capitale de leur futur État, affirme Michaël Tarazi, assistant du ministre palestinien pour les Questions de Jérusalem, Hind Khouri. « Dans le passé, les Américains se sont opposés à la colonisation, et Israël a continué de construire, puis (le président américain George W.) Bush a accepté qu’Israël conserve de grands blocs de colonies » en Cisjordanie, dit-il encore. « Il est possible que les États-Unis se disent opposés à la construction dans le secteur E-1 maintenant, et que plus tard cela ne veuille plus rien dire, car le monde n’est tout simplement pas prêt à se battre contre Israël pour qu’il applique ses propres principes », ajoute-t-il avec amertume.

Les collines désertiques séparant Jérusalem de Maalé Adoumim, la principale colonie israélienne en Cisjordanie, seront bientôt hérissées d’habitations si Israël s’entête à mettre en œuvre un plan susceptible d’enterrer l’État palestinien.
Pour l’heure, seules quelques chèvres broutent sur les pentes de ces collines arides se trouvant au nord-est de la partie orientale arabe de la Ville sainte annexée par Israël.
Mais Israël a placé ce paysage désertique au cœur d’une âpre controverse avec les Palestiniens sur le sort de Jérusalem car il entend y construire 3 500 logements juifs.
Ces dix dernières années, tous les gouvernements israéliens ont planifié d’urbaniser ce secteur, appelé E-1, sans cependant passer à l’action pour créer effectivement une continuité territoriale entre Maalé...