Les sorties de la semaine
À voir absolument kkk À voir kk
À voir à la rigueur k Mauvais l Pas vu n
kkk The Beautiful Country
de Hans Petter Moland
Dans le Vietnam de l’après-guerre des années 90, le film suit l’odyssée incroyable de Binh, un jeune Vietnamien qui appartient à la race des « bui doï », à savoir des enfants issus de l’union entre un GI américain et une Vietnamienne. Binh décide de quitter sa famille adoptive pour retrouver la trace de ses parents de sang. Ce voyage initiatique le conduira de Saigon en Malaisie, puis de New York au Texas. L’occasion pour nous, spectateurs, de nous laisser porter par des magnifiques paysages d’une poésie extrême. Des paysages qui reflètent d’ailleurs foncièrement l’atmosphère du film.
Simplicité, naturel et humanité sont les mots-clés d’une histoire touchante et émouvante qui pourra difficilement nous laisser indifférents. Du Vietnam aux États-Unis, nous vivons les périples d’un jeune homme à l’esprit libre, en quête de lui-même, en quête d’un vieux rêve, le rêve américain. La faim, la mort, la souffrance, l’incompréhension, la solitude, voilà bien des obstacles que doivent surmonter aussi bien le personnage principal que le public. Un public qui s’attache quasi immédiatement à Binh (joué à merveille par Damien Nguyen), à cet immigré, à ce paria rejeté de tous sauf peut-être de la vie.
À deux doigts de se noyer dans l’accumulation de la misère vécue par les personnages, le film s’en tire in extremis, sauvé par le flot d’émotion, de grâce et de spiritualité qui inonde l’histoire. À nous de savoir gérer et accepter les innombrables malheurs que subit le personnage principal ainsi que le rythme souvent lent du film.
Pour public averti.
Empire Sofil
k Stealth
de Rob Cohen
Après les voitures de Fast and Furious et les cascades de XXX, le cinéaste Rob Cohen nous envoie dans les airs. Ses nouveaux joujoux au look futuriste : des avions de chasse hyperpuissants et superdesign pilotés par un trio jeune, beau et dynamique. Essentiellement décoratifs, Josh Lucas, Jessica Biel et Jamie Foxx ne sont là que pour mettre en valeur les avions. Stéréotypés à outrance (le beau, le cool, la sexy) leur personnage rachitique et leur dialogue quasi inexistant en sont la preuve. Le seul et unique intérêt du film : les scènes aériennes, qui sont aussi impressionnantes que spectaculaires (soyons honnêtes). Le reste est absolument indigeste : de la représentation agaçante des Américains en gentils qui se préoccupent avant tout d’épargner les civils, à celle des méchants terroristes nord-coréens prêts à déployer toute une armée pour éliminer un pauvre petit soldat en fuite. Bref, un amas de clichés poncifs et agaçants nourrissent un film rempli de bons sentiments, de facilités scénaristiques et de fins prévisibles. Pour ce qui est du thème général, le cinéaste recycle le bon vieux débat concernant l’opposition entre l’homme et la machine.
Stealth réunit en quelque sorte toutes les raisons qui nous poussent aussi bien à apprécier qu’à détester ce genre : de l’invraisemblance, de l’action à outrance, du bruit assourdissant et continu, ainsi que des personnages bidons mais esthétiques.
Espace, Freeway,
Circuit Empire-sauf Sofil
k The Brothers Grimm
de Terry Gilliam
Plutôt que de raconter la vie des célèbres auteurs de contes, le cinéaste choisit de plonger ces personnages dans l’univers gothico-enchanteur qu’ils chérissaient tant. Wilhelm et Jacob Grimm deviennent Will (Matt Damon) et Jake (Heath Ledger). Deux frères qui, à l’aube du XIXe siècle, sont connus dans les campagnes pour être les seuls capables de vaincre les esprits maléfiques et les créatures en tout genre qui épouvantent les villages.
Le scénario inclut également quelques-uns des plus célèbres personnages fantastiques issus de l’imagination florissante des frères Grimm, tels que le chaperon rouge ou le prince crapaud. D’innombrables créatures étranges, d’insectes surprenants et d’animaux enchantés peuplent des paysages fantastiques. Une imagination créative et visuelle ainsi que des effets spéciaux qu’on ne peut que saluer. Cependant, le rythme survitaminé, les personnages peu en relief et les dialogues plutôt moyens desservent un tantinet le film. Du coup, l’atmosphère magique perd de sa magie et les spectateurs restent sur leur fin, avec, comme seul souvenir, la belle Monica Bellucci, sublime en princesse immortelle.
Concorde, Abraj, Zouk
k Land of the Dead
de George A. Romero
Vingt ans après son soi-disant point final, George A. Romero signe le quatrième volet de la saga sur les morts-vivants. Fidèle à lui-même, le cinéaste n’a rien perdu de sa virulence politique. Il ne se contente pas de dégommer les hommes (vivants ou morts-vivants), de répandre les tripes et de faire gicler le sang. Le film lance effectivement quelques idées sur la lutte des classes, sur une Amérique qui se veut de plus en plus anarchique et sur la politique de Bush (un des personnages affirme : « Je ne négocie pas avec les terroristes. »). Le cinéma de Romero est indéniablement le cinéma de la désillusion. Dans cette vision traumatique et foncièrement sombre, les zombies vont même jusqu’à représenter les victimes d’un système pourri.
Si certains plans assez impressionnants scotchent le spectateur, l’ensemble laisse néanmoins un sentiment de déjà-vu, une impression de produit recyclé. N’apprécieront que les mordus du genre, et encore…
Empire ABC/Dunes/
Galaxy, Kaslik, Freeway
Sorties prévues pour le jeudi 8/09 (sous réserves) :
– Dans les champs de bataille, de Danielle Arbid, avec Marianne Feghali, Rawia Elchab, Laudi Arbid-Basr, Carmen Lebbos, Aouni Kawas et Roger Assaf.
– Sky High, de Mike Mitchell, avec Michael Angarano, Kurt Russell et Kelly Preston.
– The Longest Yard, de Peter Segal, avec Adam Sandler, Chris Rock et Burt Reynolds.
– Millions, de Danny Boyle, avec Alex Etel, Lewis Owen McGibbon, Daisy Donovan et Christopher Fulford.
Paroles dE cinéma
Caméra rapprochée
La saga sans fin de George A. Romero
L’année 1968 marque un tournant dans la carrière du cinéaste américain. Il signe son premier long métrage, The Night of the Living Dead, et se voit consacré réalisateur-culte par toute une génération de cinéphiles. Chez Romero, comme chez ses illustres devanciers, Robert Wise (The Day the Earth Stood Still) ou encore Don Siegel (Invasion of the Body Snatchers), le fantastique et l’horreur se doublent d’une parabole politique. Romero, comme plus tard John Carpenter, se fait le chantre du côté obscur d’une Amérique paranoïaque. Tout au long de son œuvre, le cinéaste ne cessera de creuser cette veine. Après deux longs métrages placés une nouvelle fois sous le signe de l’horreur, il renoue avec la thématique qui l’avait fait connaître (les morts-vivants) en signant The Crazies (1973). En 1977, il aborde le vampirisme avec Martin, l’histoire d’un jeune adolescent psychotique, sorte de mante religieuse au masculin qui se repaît du sang de ses maîtresses.
Avec le soutien d’un autre maître de l’horreur, l’Italien Dario Argento, qui coproduit et coécrit le film, réalise Dawn of the Dead (1978), la suite de The Night of the Living Dead. C’est en 1985 que Romero clôt sa trilogie des morts-vivants avec Day of the Dead. Non dénué d’humour, le film n’en est pas moins noir, puisqu’il montre un univers totalement passé sous le contrôle des morts-vivants. Apparemment incapable de se séparer de cette saga, le cinéaste décide de filmer en 2004 un nouveau (et ultime ?) épisode : Land of the Dead.
D.D.
Courrier
Le point sur Audrey Hepburn
Créature d’une beauté légendaire, Audrey Hepburn a fait rêver les hommes du monde entier par son irrésistible élégance et sa douceur absolue. Actrice au charme de feu follet, elle est le symbole de l’alliance de féminité exquise et de farouche détermination. Née en 1929 à Bruxelles, elle mène une brève carrière de mannequin avant de se tourner vers la scène. Imposée par l’écrivain Colette elle-même, Audrey Hepburn, alors inconnue, triomphe dans la version scénique de Gigi montée à Broadway. Son rôle de jeune princesse aux allures de garçon manqué est par la suite couronné d’un oscar avec Roman Holiday de William Wyler en 1953. Personnalité anticonformiste, Audrey Hepburn confère d’instinct une touche d’humour à toutes ses compositions. Interprète de George Cukor dans My Fair Lady, de Blake Edwards dans Breakfast at Tiffany’s, de King Vidor dans War and Peace, de Fred Zinneman dans The Nun’s Story et de Stanley Donen dans Charade, elle quitte les écrans en 1967 et revient en 1976 dans une magnifique et mélancolique variation sur le thème de Robin des bois dans Robin et Marian de Richard Lester. Ambassadrice spéciale de l’Unicef, ses apparitions deviennent de plus en plus rares au fil des années, et en 1993, cette étoile du ciel cinématographique s’éteint, après avoir consacré les dernières années de sa vie aux enfants nécessiteux, en particulier en Afrique et en Amérique latine.
Élias ABOU CHARAF
En gros plan
Ridicule sur grand écran
C’est de Churchill – le film, si cela en est un – qu’il s’agit. On affirme souvent que « le ridicule tue ». Si le dénommé Churchill avait été encore de ce monde (difficile à imaginer !), il aurait survécu à cette épreuve. En Anglais bon teint, il se serait contenté de hausser les épaules – tout en tirant une bouffée d’un cigare garanti cubain (?). Or le sens de l’humour, c’est justement ce qui manque totalement au film de Mr Peter Richardson.
« The Hollywood Years » : ce sous-titre, qui n’est même pas une excuse, n’explique rien. Puisque Churchill n’avait alors rien eu à faire avec l’Amérique et, encore moins, avec Hollywood (!). On se demande qui a eu l’idée de ce scénario abracadabrant, imaginant Churchill arrivant à Londres en uniforme de GI (la Seconde Guerre mondiale bat son plein) et investissant la cour de S.M. très britannique. Opération séduction : on a du mal à suivre, ce qui n’a d’ailleurs aucune importance. Mais il y a encore plus ahurissant : Hitler en personne débarque sur le sol anglais (d’où pouvait bien venir son avion ?!). On vous fait grâce du reste. Une question : comment ce film – pas drôle du tout – a-t-il été accueilli, éventuellement, en Angleterre ?
J.-P. GOUX-PELLETAN
PAR DYMA DEMIRDJIAN
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