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Actualités - Analyse

Eclairage - Préparatifs serrés avant l’ouverture des anciennes colonies aux Palestiniens

Extrêmement symbolique et lourde d’enjeux, l’entrée prochaine des Palestiniens dans les colonies israéliennes évacuées de la bande de Gaza fait l’objet de minutieux préparatifs et négociations entre dirigeants et groupes palestiniens. Lorsque le dernier soldat israélien aura quitté la bande de Gaza, en principe d’ici à quelques semaines, ils seront des milliers à vouloir pénétrer dans les anciennes colonies : civils impatients de visiter ces terres toutes proches et inaccessibles pendant des décennies, mais aussi factions armées désireuses de parader sur « le sol libéré ». L’enjeu est double : d’une part, éviter le chaos et prouver au monde que les Palestiniens « sont responsables et se comportent en peuple civilisé », comme le souligne Saleh Zeidan, un responsable du FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine). D’autre part, « éviter les conflits entre groupes palestiniens, et célébrer la victoire dans l’unité et la cohésion », comme le veut le mot d’ordre officiel. L’Autorité palestinienne a déjà annoncé que les anciennes colonies resteraient interdites au public pendant au moins trois jours après le départ des soldats israéliens, le temps d’être vérifiées et sécurisées. « Toutes les ex-colonies seront gardées par les forces de sécurité palestiniennes. Nous ferons passer une annonce à la télévision et dans la presse pour dire à la population de ne pas s’y rendre immédiatement pour des raisons de sécurité », explique Toufic Abou Khoussa, porte-parole du ministère de l’Intérieur. Puis les Palestiniens pourront effectuer des « visites organisées », faire du « tourisme intérieur » sous la surveillance des forces de sécurité, ajoute-t-il. Des centaines de bus ont été déjà loués à cet effet par les dirigeants palestiniens, explique Abdel Hakim Awad, leader de l’organisation de jeunesse du Fateh et l’un des organisateurs des festivités. « Il faut gérer les problèmes logistiques et l’impatience légitime des gens. Comment emmener Jabaliya (camp de réfugiés de 120 000 habitants) ou Khan Younès (ville du sud de la bande de Gaza) à Kfar Darom ou Neve Dekalim (deux anciennes colonies), tel est le défi que nous devons relever », dit-il. « Notre but est de faire participer le plus de monde possible de la façon la plus organisée qui soit », ajoute-t-il, en estimant que les visites et festivités s’étaleront sur au moins deux mois. Les factions palestiniennes, regroupées au sein d’un comité de suivi du retrait israélien, travaillent officiellement à mettre au point des cérémonies unitaires pour fêter la victoire. Théoriquement, les rivalités devraient s’effacer derrière le seul drapeau palestinien (120 000 ont déjà été fabriqués). Mais les différents groupes, qui s’octroient chacun le mérite d’avoir bouté les Israéliens hors de Gaza, préparent aussi leurs propres manifestations. « Nous marcherons vers les colonies. Nous ne pouvons pas interdire à nos gens, qui ont tant de martyrs et de blessés du fait de l’occupation israélienne, d’entrer sur leurs terres », insiste un porte-parole du Hamas. Les factions restent également très évasives sur leur intention d’organiser des marches « militaires ». « Pour le moment, la décision est qu’il n’y aura pas de démonstrations armées. Mais si les Brigades Ezzedine al-Qassam (branche armée du Hamas) organisent une marche, les Brigades des martyrs d’al-Aqsa (proches du Fateh) en feront autant », assure Abdel Hakim Awad, du Fateh. Pour le porte-parole du ministère de l’Intérieur, « les groupes armés suivront les instructions de sécurité. Toutes les factions palestiniennes ont le droit de célébrer la victoire, mais dans le respect de la loi ». Cécile FEUILLATRE (AFP)

Extrêmement symbolique et lourde d’enjeux, l’entrée prochaine des Palestiniens dans les colonies israéliennes évacuées de la bande de Gaza fait l’objet de minutieux préparatifs et négociations entre dirigeants et groupes palestiniens.
Lorsque le dernier soldat israélien aura quitté la bande de Gaza, en principe d’ici à quelques semaines, ils seront des milliers à vouloir pénétrer dans les anciennes colonies : civils impatients de visiter ces terres toutes proches et inaccessibles pendant des décennies, mais aussi factions armées désireuses de parader sur « le sol libéré ».
L’enjeu est double : d’une part, éviter le chaos et prouver au monde que les Palestiniens « sont responsables et se comportent en peuple civilisé », comme le souligne Saleh Zeidan, un responsable du FDLP (Front démocratique de...