Rechercher
Rechercher

Actualités

éclairage - Les laïcs israéliens l’emportent face au sionisme religieux

La fin de l’occupation de la bande de Gaza par des colons pour la plupart religieux porte un coup très dur à une frange de la société israélienne qui a imprimé sa marque pendant près de quatre décennies dans la vie politique du pays. Pour les religieux israéliens, le désengagement de la bande de Gaza est un des événements les plus traumatisants depuis la création de l’État, il y a 57 ans, et signe la fin d’une époque : celle de l’espoir du Grand Israël cultivée par le sionisme religieux. Les gouvernements israéliens, de droite comme de gauche, ont encouragé la communauté religieuse à coloniser les territoires palestiniens depuis le début de l’occupation, en juin 1967, ce qui avait été perçu, dans certains courants de l’orthodoxie juive, comme les prémices de l’ère messianique. Du coup, pour les religieux, la perte de Gaza est vécue comme une catastrophe nationale équivalente à la destruction du second Temple de Jérusalem. Pour la première fois depuis 1967, « le gouvernement a imposé sa décision et n’a pas tenu compte des idéaux de l’extrême droite religieuse qui dicte sa politique à l’État depuis presque 30 ans », explique Aviezer Ravitzky, professeur de philosophie juive à l’Université hébraïque de Jérusalem. En revanche, pour la plupart des Israéliens laïcs, l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza est au mieux un poids, au pire un fardeau sécuritaire doublé d’un gouffre financier. « L’évacuation des colonies de la bande de Gaza n’est pas seulement une question territoriale, c’est aussi la première grande bataille pour la séparation de la religion et de l’État », écrit dans une tribune au quotidien Yediot Aharonot l’écrivain Amos Oz, l’un des fondateurs du mouvement pacifiste La paix maintenant. Le même journal estime que le rêve des colons « d’accélérer la venue du Messie » est incompatible avec l’ambition des laïcs d’un Israël éclairé, ouvert et juste. De fait, la fin du rêve du Grand Israël, matérialisée par le retrait de la bande de Gaza, risque de raviver les tensions qui ont toujours opposé, en Israël, les religieux aux laïcs, en particulier depuis l’assassinat par un extrémiste juif religieux du Premier ministre Yitzhak Rabin, en novembre 1995. Au point que les commentateurs israéliens craignent un élargissement du fossé qui existe déjà entre un Israël contemporain et laïc, et un pays mû par une vision traditionnelle et religieuse. « Les religieux mettent en danger l’État, compromettent la démocratie et son rayonnement et empêchent son bon fonctionnement... Israël ne peut plus aller dans cette direction », met en garde Ari Shavit dans le Haaretz (centre gauche). Si le désengagement de la bande de Gaza est incontestablement un coup dur pour les religieux, il reste toutefois moins dramatique qu’un éventuel retrait de la Cisjordanie perçue comme une partie encore plus indissociable du patrimoine religieux juif. Jennie Matthew (AFP)
La fin de l’occupation de la bande de Gaza par des colons pour la plupart religieux porte un coup très dur à une frange de la société israélienne qui a imprimé sa marque pendant près de quatre décennies dans la vie politique du pays.
Pour les religieux israéliens, le désengagement de la bande de Gaza est un des événements les plus traumatisants depuis la création de l’État, il y a 57 ans, et signe la fin d’une époque : celle de l’espoir du Grand Israël cultivée par le sionisme religieux.
Les gouvernements israéliens, de droite comme de gauche, ont encouragé la communauté religieuse à coloniser les territoires palestiniens depuis le début de l’occupation, en juin 1967, ce qui avait été perçu, dans certains courants de l’orthodoxie juive, comme les prémices de l’ère messianique.
Du coup, pour les...