Lors de la campagne électorale, que n’avons-nous entendu les candidats répéter leurs slogans et leurs promesses de lendemains meilleurs. On nous avait promis la lutte contre la corruption ; on nous avait promis que, dès le départ des Syriens, cause de tous les abus et de toutes les exactions, nous allions aborder une ère nouvelle d’indépendance, de liberté, de stabilité et de développement.
Voilà qu’aujourd’hui, un Parlement tout frais, « libéré », un gouvernement tout neuf, libre lui aussi en principe, entament leurs fonctions respectives dans un but de « rectification » en amnistiant un homme détenu pour l’assassinat du président Rachid Karamé et autres exactions. Pour une raison politique, cette libération a été décidée arbitrairement, sans que l’on se donne la peine de casser au préalable un jugement déjà porté par la justice libanaise. Si ce jugement, trouvé abusif par certains, devait être revu, il aurait fallu au moins prendre en considération le troisième pouvoir de l’État libanais et le principe de base de la « séparation des pouvoirs »; on n’avait pas le droit de dénigrer la justice sans autre forme de procès, ne fût-ce que pour lui laisser, aux yeux des Libanais, une certaine estime.
Mais voilà que, toujours aussi pressés de réformer, les députés, les représentants légaux du peuple libanais, élus « démocratiquement », voilà que ces hommes se permettent de voter l’innocence d’un ancien ministre accusé de vol de biens publics.
Les Libanais sont ahuris ! Sauf dix d’entre eux, tous les autres parlementaires ont, par cet acte, cautionné le vol, les abus, le crime et toute autre malfaisance. Que l’on ne se gargarise plus de promesses, de droits ou autres paroles mensongères. Que l’on cesse de nous mener là où nous n’avons pas choisi d’aller ! Qui nous prendra désormais au sérieux ? Qui, dans un tel contexte, se hasarderait à investir chez nous ? Où se trouve le processus qui va retenir nos enfants désireux d’émigrer ? Si nous ne pouvons plus faire confiance à ceux qui font les lois et ne les respectent pas, où allons-nous ?
Non, Messieurs les Députés et Ministres, aujourd’hui vous ne représentez que vous-mêmes. Vous avez abusé les citoyens avec vos mensonges. S’il plaît à Dieu et qu’une nouvelle loi électorale se met en place, ayez la décence de démissionner pour permettre de nouvelles élections « réellement » représentatives.
Et du même coup, laissez-moi vous poser une question : quand vous voulez connaître « la vérité », pourquoi la voulez-vous ?
Ghada EL-YAFI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Lors de la campagne électorale, que n’avons-nous entendu les candidats répéter leurs slogans et leurs promesses de lendemains meilleurs. On nous avait promis la lutte contre la corruption ; on nous avait promis que, dès le départ des Syriens, cause de tous les abus et de toutes les exactions, nous allions aborder une ère nouvelle d’indépendance, de liberté, de stabilité et de développement.
Voilà qu’aujourd’hui, un Parlement tout frais, « libéré », un gouvernement tout neuf, libre lui aussi en principe, entament leurs fonctions respectives dans un but de « rectification » en amnistiant un homme détenu pour l’assassinat du président Rachid Karamé et autres exactions. Pour une raison politique, cette libération a été décidée arbitrairement, sans que l’on se donne la peine de casser au préalable un...