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L’immobilier pourrait atténuer l’impact des prix du pétrole sur la consommation américaine

Les prix du pétrole peuvent bien flamber aux États-Unis, ils ne réussiront pas à faire flancher vraiment la première économie du monde tant que l’immobilier tiendra, selon les analystes. Les cours du pétrole se sont emballés ces derniers jours : de moins de 63 dollars hier, le baril de brut est passé au-dessus de 67 dollars vendredi à New York. On est loin des 30 dollars qui prévalaient encore il y a deux ans. Les analystes soulignent que cela a sans doute un peu freiné la croissance depuis un an, lui retirant entre 0,4 et 0,5 point selon Brian Hilliard de la Société générale. Pourtant beaucoup restent sereins. « C’est un facteur négatif, mais je ne suis pas trop inquiet parce que cela ne semble pas infléchir la demande de manière significative », souligne Sal Guatieri de BMO Financial Group. De fait, les ventes de détail ont affiché une performance insolente en juin et juillet (+1,7 et +1,8 % respectivement), portées par une ruée sur les promotions des constructeurs automobiles. Et qu’ont-ils choisi en priorité, ces consommateurs surinformés sur les prix record de l’essence ? Les 4 x 4, réputés les plus gourmands en carburant. Une explication serait que les prix de l’essence restent acceptables pour la majorité de la population. « Les prix de l’immobilier accélèrent et on peut débattre de l’existence ou non d’une bulle. Mais tant que les marchés n’auront pas corrigé la création de richesse due à l’immobilier, cela contribuera fortement à effacer l’impact des prix du pétrole sur la consommation des ménages », estime M. Guatieri. Avec le prix moyen d’un trois-pièces autour du million de dollars à Manhattan et une hausse de 14 % du prix des logements en juin dans l’ensemble du pays, l’immobilier reste ici un moteur économique puissant. D’abord parce que le système financier aux États-Unis permet de renégocier le montant de son prêt à chaque fois que le prix de la maison augmente, en dégageant autant de liquidités supplémentaires. Ensuite parce que cela met du baume au cœur des ménages. L’équilibre est cependant fragile. Les spéculateurs sont désormais présents en masse sur le marché, et ils risquent d’accélérer un retournement de tendance. De côté des particuliers, beaucoup prennent des crédits de plus en plus ingénieux et risqués en cas de problème pour s’offrir la maison de leurs rêves. De plus, les prix ne monteront pas à l’infini. « Les ménages pourront ignorer un temps la hausse des cours de l’énergie en empruntant plus sur la valeur hypothécaire de leur logement, mais cela n’aura qu’un temps », avertit Joseph Abate de Lehman Brothers, pour qui l’immobilier est surévalué de 15 % environ. L’analyste voit pour l’instant peu de raisons de s’inquiéter. Les embauches ont repris, les revenus augmentent et cela contribue à contrebalancer la hausse des prix de l’énergie. « Si l’on y ajoute le fort effet de richesse dû à l’immobilier, les dépenses devraient rester fortes jusqu’à la fin 2005 », assure-t-il.

Les prix du pétrole peuvent bien flamber aux États-Unis, ils ne réussiront pas à faire flancher vraiment la première économie du monde tant que l’immobilier tiendra, selon les analystes.
Les cours du pétrole se sont emballés ces derniers jours : de moins de 63 dollars hier, le baril de brut est passé au-dessus de 67 dollars vendredi à New York. On est loin des 30 dollars qui prévalaient encore il y a deux ans.
Les analystes soulignent que cela a sans doute un peu freiné la croissance depuis un an, lui retirant entre 0,4 et 0,5 point selon Brian Hilliard de la Société générale.
Pourtant beaucoup restent sereins.
« C’est un facteur négatif, mais je ne suis pas trop inquiet parce que cela ne semble pas infléchir la demande de manière significative », souligne Sal Guatieri de BMO Financial Group.
De fait, les...