Chaque dimanche, le père Marcelo Rossi, chef de file du Renouveau charismatique, un mouvement encouragé par l’Église brésilienne, attire une grande foule sous l’immense hangar d’une ancienne usine de Santo Amaro, quartier industriel en déclin du sud de São Paulo.
Les cultes montés tels des spectacles, les trois « shows-messes » du jour, dont celui de 18 heures, retransmis en direct sur TV Globo, la principale chaîne brésilienne, drainent quelque 50 000 fidèles, venus parfois de villes distantes de plus 500 kilomètres en autobus, affrétés pour l’occasion.
Une ambiance de kermesse religieuse règne dans les parages envahis par les vendeurs d’objets pieux et de saucisses grillées. Des applaudissements chaleureux crépitent dans l’assistance lorsque le prêtre fait son entrée sur scène dans un roulement de batterie, digne de l’ouverture d’un concert pop.
Au même titre que le grand maître international d’échecs, Henrique Mecking, le père Marcelo Rossi est une célébrité locale du Renouveau charismatique catholique. Le père Rossi a vendu des millions de CD et produit un film sur la Vierge Marie. Accompagné par un orchestre, il enchaîne sur un rythme saccadé des chansons reprises en chœur par les fidèles dans des mouvements de mains synchronisés.
À son invitation, ses ouailles scandent « Hé ! Hé ! Hé ! Jésus est notre roi ! » « N’oubliez pas, leur rappelle le prêtre, que vous n’assistez pas à la messe, mais que vous y participez. »
Marcelo Rossi ne dispense pas de sermon. Mais à l’instar des pasteurs néopentecôtistes, il implore l’intervention divine en faveur de la guérison des malades. Récemment, il dédiait l’un de ces appels à ceux qui souffrent de douleurs dorsales et de gastrites. « Vous verrez, leur promet le prêtre, que votre médecin va vous conseiller d’arrêter de prendre des médicaments parce que vous serez guéris. » Dans ses grands jours, le père n’hésite pas à asperger les fidèles de seaux pleins d’eau bénite.
Les jeunes, quoique peu nombreux, sont très enthousiastes. « J’ai honte d’assister à la messe dans ma paroisse parce que je n’arrive pas à prêter attention à ce que dit le curé. Ici, au contraire, je me sens à l’aise, je ressens de l’émotion. J’étais en train de mal tourner à cause de l’alcool et de la drogue. C’est ma mère qui m’a conseillé de venir ici pour m’aider à m’en sortir. C’est sûr, je reviendrai », explique Michel Ribeiro, dix-huit ans, qui vient de terminer ses études secondaires à Volta Redonda, dans l’État voisin de Rio de Janeiro.
Washington Barbosa, un lycéen de dix-neuf ans vivant à São Paulo, fréquente, lui, le sanctuaire depuis sa fondation. « Le peuple, dit-il, s’est fatigué des messes à l’ancienne mode. L’époque se prête à l’évangélisation par les médias. Le père Marcelo va ramener les brebis égarées au sein du troupeau. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Chaque dimanche, le père Marcelo Rossi, chef de file du Renouveau charismatique, un mouvement encouragé par l’Église brésilienne, attire une grande foule sous l’immense hangar d’une ancienne usine de Santo Amaro, quartier industriel en déclin du sud de São Paulo.
Les cultes montés tels des spectacles, les trois « shows-messes » du jour, dont celui de 18 heures, retransmis en direct sur TV Globo, la principale chaîne brésilienne, drainent quelque 50 000 fidèles, venus parfois de villes distantes de plus 500 kilomètres en autobus, affrétés pour l’occasion.
Une ambiance de kermesse religieuse règne dans les parages envahis par les vendeurs d’objets pieux et de saucisses grillées. Des applaudissements chaleureux crépitent dans l’assistance lorsque le prêtre fait son entrée sur scène dans un roulement de...